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Servier : Le pouvoir de l’argent au détriment de la santé

06 Sep 2011

Communiqués, Medias

« En visant le marché du diabète, Servier a pu détourner a des fins commerciales un médicament qui aurait alors fait doublon avec un autre de ses coupes-faim, l’isoméride. Ceci nous rappelle combien la priorité d’un laboratoire pharmaceutique est de satisfaire des marchés porteurs, quitte malheureusement à trafiquer les données, » déclarent Eva Joly et Michèle Rivasi, députées européennes Europe Ecologie Les Verts (EELV).

« Tant que les études d’évaluation des produits seront uniquement fournis par les entreprises pharmaceutiques, on retrouvera ces mêmes dysfonctionnements car les profits en jeu sont tels que tout esprit critique est aboli, » analyse Michele Rivasi.

Le plus perturbant, signalent les deux eurodéputées, est aussi de constater qu’il faut attendre qu’il y ait de 500 à 2 000 morts et que d’éminents spécialistes ayant travaillé chez Servier, comme Jacques Duhault ou Jean Charpentier, attendent d’être acculés, d’être auditionnés, pour qu’ils dénoncent ces pratiques criminelles. Pourquoi ces révélations viennent-elles si tard ? »

« Quelle est la compétence des experts qui ont donné l’autorisation de mise sur le marché du mediator ?, demandent aussi les deux députées européennes. Il aura fallu que l’IGAS décortique l’ensemble des documents existants pour reconstituer l’histoire du Mediator et les passes droits dont a pu bénéficier le laboratoire Servier. »

« Pourquoi ne s’est-on rendu compte de rien ? Pourquoi un simple inspecteur de l’IGAS, motivé mais non pharmacologue, a pu retracer la véritable histoire du Mediator et pas nos experts français ? ajoute Michele Rivasi. Cet exemple qui, à mon avis, n’est pas typique des labos Servier, montre combien le système actuel est gangréné jusqu’à la moelle. »

Le 23 juillet 2011, suite la saisie faite par Eva Joly et Michèle Rivasi, l’Office européen de lutte anti-fraude (OLAF) a décidé d’ouvrir une enquête interne afin de vérifier les allégations de conflit d’intérêts à l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) ayant pu contribuer à l’enlisement du dossier Mediator au niveau européen.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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