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Scanners corporels : Michèle Rivasi réclame des études complémentaires sur la santé

02 Mar 2010

Communiqués, Medias

Suite à la tentative d’attentat commise sur le vol entre Amsterdam et Detroit le 25 décembre 2009, le Conseil de sécurité intérieure s’est prononcé pour le déploiement rapide dans les aéroports français de scanners dont le premier exemplaire français est testé depuis le 22 février à l’aéroport de Roissy. Différents types de scanners existent, principalement à rayons X ou à ondes dites « millimétriques ». Outre des questions fondamentales de liberté des personnes et de droit à l’intimité, ces équipements soulèvent aussi des questions sanitaires.

Début février, le Comité Inter-Agence sur la Sécurité des Rayonnements (IACRS) qui regroupe des organisations comme l’OMS et la Commission Européenne, a déconseillé l’usage pour les femmes enceintes et les enfants aux scanners corporels à base de rayons X. Un avis partagé le 22 février par l’institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN).

« Concernant les scanners à ondes millimétriques, il n’existe en réalité que très peu d’études sur les impacts sanitaires, avertit Michèle Rivasi, députée européenne Europe Ecologie. Ces appareils rayonnent des micro-ondes comprises entre 24 et 30 Ghz, des fréquences utilisées par ailleurs pour les radars, civils ou militaires. Aucune étude ne permet aujourd’hui de dire que ces rayonnements sont sans danger. Certaines démontrent même le contraire avec, selon l’AFSSET, des effets biologiques potentiels « notamment sur les organites riches en membranes ou encore sur les échanges ioniques ». »

Les micro-ondes utilisées par ces scanners génèrent une exposition de la peau, mais aussi de certains organes peu profonds et riches en eau (cristallins, seins, testicules). « Ces appareils fonctionnent comme des radars devant lesquelles les voyageurs devront rester durant deux secondes. Ces personnes sont-elles averties qu’elles doivent à tout prix fermer les yeux ou ne pas porter de lunettes ou de bijoux en métal pour éviter de surexposer leur visage ou d’autres parties de leurs corps ? »

« Encore une fois, les choses se font dans la précipitation et sous la pression du lobbying des fabricants de scanners. On met en place des prototypes sans études préalables et sans même savoir faire les mesures de ces nouvelles fréquences. Comment s’assurer aussi que la puissance de ces scanners est correctement dosée ? Nous sommes tous des cobayes » regrette Michèle Rivasi, également biologiste et fondatrice du Criirem. « Et au nom de quoi ? D’une sécurité renforcée ? La banalisation de ces techniques me semble totalement disproportionnée et peu justifiée, ajoutant une nouvelle source de pollution électromagnétique à supporter par nos organismes » précise l’eurodéputée.

Tant que des études sérieuses n’auront pas confirmé l’absence d’impacts sur la santé, Michele Rivasi demande « un moratoire sur l’utilisation par le public de ces scanners corporels ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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