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SANTÉ: PILULE DE 3E GÉNÉRATION: LA COMMISSION RESTE SOURDE AUX APPELS (Europolitique environnement)

18 Jan 2013

Medias, Revue de presse

683 mots
18 janvier 2013
Europolitique Environnement

La Commission européenne n’a pas l’intention de limiter l’utilisation des pilules de 3e et 4e génération, comme le réclament la ministre française de la Santé Marisol Touraine ainsi que plusieurs députés européens. « Les risques que comporte ce type de pilule sont connus des médecins et sont indiqués sur la notice. En outre, la dernière évaluation de l’Agence européenne des médicaments (EMA) en 2011 a conclu à l’absence de nouveaux éléments qui justifieraient de modifier leurs autorisations », a déclaré le 11 janvier le porte-parole du commissaire Tonio Borg (santé et consommateurs).

Le débat a été relancé en France à la mi-décembre, lorsqu’une jeune femme a déposé plainte contre le géant pharmaceutique allemand Bayer au motif que sa pilule de 3e génération aurait provoqué chez elle un accident vasculaire cérébral (AVC). Selon les médias français, une trentaine d’autres plaintes devraient suivre prochainement alors que le laboratoire Bayer est déjà en proie à des milliers d’autres cas similaires sur le territoire américain.

A l’heure actuelle, il existe deux sortes de pilules : la pilule progestative, qui ne contient qu’un dérivé synthétique de la progestérone, et la pilule combinée, qui comprend une combinaison de progestatif et d’un dérivé synthétique d’une autre hormone, l’ strogène. Les pilules orales combinées ont changé à plusieurs reprises de progestatifs et depuis récemment, d’ strogène. Ces modifications, qui ont déterminé leur passage d’une génération à une autre, ont également entraîné de nouveaux risques. Selon une étude de la revue médicale British Medical Journal, le risque de thrombose veineuse est en effet deux fois plus élevé avec les pilules de la 3e ou 4e génération, qu’avec celles de la 2e génération. Ce que confirme l’Agence européenne des médicaments (EMA) dans un communiqué de presse publié le 11 janvier : « Il est bien établi que les contraceptifs combinés (oestroprogestatives) comportent un risque très rare de caillots de sang, et que ce risque varie selon les types de contraceptifs combinés ».

L’UE INVITÉE À AGIR

Lors d’une conférence de presse le 11 janvier, la ministre française de la santé, Marisol Touraine, a annoncé la mise en place d’un dispositif en France pour limiter la prescription de ces pilules, à l’instar de ce qui existe au Danemark. Elle a également demandé à l’Union européenne de réviser les autorisations de mise sur le marché (AMM) de ces pilules « dans un sens restrictif », c’est-à-dire de les limiter aux patientes pour lesquelles la pilule de 2e génération n’est pas adaptée.

En réaction, l’Agence européenne des médicaments a publié la déclaration suivante : « Il n’existe actuellement aucun nouvel élément de preuve qui indiquerait un changement au profil d’innocuité connu des contraceptifs combinés commercialisés aujourd’hui ». Et la Commission d’ajouter : « Il faudra voir si d’autres États membres que la France rapportent des incidents similaires. Mais à ce stade, il n’y a pas de raison de revoir les autorisations de mise sur le marché de ce type de pilule ».

LES EURODÉPUTÉS INSATISFAITS

Ces déclarations n’ont toutefois pas satisfait les eurodéputés. « Comment l’EMA peut-elle écrire, en se basant sur une évaluation faite en 2011, qu’un sur-risque identifié n’est pas une raison de changer de traitement ou de réduire la prescription, quand des alternatives meilleures existent ? L’EMA devrait alerter les Etats membres en leur demandant de favoriser les prescriptions de pilules de 2e génération, moins dangereuses », a déclaré Michèle Rivasi (Verts/ALE, France), auteure d’une question à l’attention de la Commission.

Françoise Grossetête (PPE, France) a pour sa part estimé « regrettable » qu’aucune initiative ne soit envisagée au niveau européen afin d’encadrer davantage les prescriptions de médicaments hors de l’indication d’origine (hors AMM). Le Belge Marc Tarabella (S&D) a également adressé une question écrite à la Commission, l’invitant entre autres à remédier au fait que « l’information sur la génération n’est pas mentionnée sur les boîtes des pilules ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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