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Réserve Naturelle de Scandola en Corse : lettre au président de la Collectivité Territoriale de Corse

Monsieur le Président,

Nous souhaiterions attirer votre attention  au sujet de la réserve naturelle de Scandola.

Comme vous le savez, cette réserve exceptionnelle, somptueux écrin, riche de sa biodiversité faunistique et floristique, contribue à l’image de nature préservée de la Corse depuis de nombreuses années.

Cette réserve, patrimoine unique, est un immense atout écologique de la Corse mais également un atout économique majeur, qui le restera uniquement si cette réserve reste sanctuarisée.

Depuis des années, grâce à la gestion efficace de scientifiques et de techniciens  engagés, compétents et dédiés, cette réserve a pu préserver, voire développer, son caractère exceptionnel.

Pourtant depuis quelques mois des ombres menaçantes se profilent sur le respect de l’environnement de ce site et nous nous permettons de vous faire part de plusieurs questions qui se posent afin que vous puissiez nous apporter quelques précisions :

  • Certaines organisations internationales dont l’UNESCO, l’UICN et le Conseil de l’Europe émettent des inquiétudes concernant la fréquentation en forte hausse de la réserve qui peut constituer une menace pour la préservation de ce site vulnérable. Nous aurions souhaité obtenir des informations sur les mesures que compte prendre la Collectivité Territoriale de Corse afin d’assurer un haut niveau de protection de ce site classé.
  • Ces inquiétudes semblent d’autant plus fondées que l’élargissement de la réserve pourrait entraîner une dé-sanctuarisation de la Scandola liée à une gestion globale des réserves naturelles corses sans se soucier des particularismes de chacun des sites protégés. Quelles perspectives la Collectivité Territoriale de Corse envisage-t-elle de porter afin d’assurer la sanctuarisation de la réserve de la Scandola ?
  • Dans le but d‘assurer pleinement la préservation et la surveillance de la réserve naturelle, les moyens humains et matériels ont besoin d’être renforcés. Concernant le Conseil Scientifique, nous tenons à souligner que les sommes allouées à chaque laboratoire sont dérisoires par rapport aux coûts réels des missions scientifiques effectuées, ne permettant ni d’assurer l’emploi du personnel scientifique, non plus la mise en place de partenariats scientifiques, pourtant essentiels au bon fonctionnement de chacune des réserves naturelles en permettant de mettre au service de la gestion de la Réserve, l’exigence de la Recherche et le meilleur des connaissances scientifiques.

  • Le président du Conseil Scientifique serait nommé par le Président de l’exécutif de Corse, ce qui à notre connaissance, n’est ni dans les prérogatives du président de la Collectivité Territoriale de Corse, ni dans les usages d’un Conseil Scientifique indépendant. Pouvez-vous s’il-vous-plaît nous préciser si cette nomination ne vaut que pour la réunion de création du Conseil Scientifique, et si à l’issue de celle-ci un président du Conseil Scientifique serait élu par ses pairs (les membres nommés du Conseil Scientifique), afin d’assurer l’indépendance du Conseil Scientifique ?
  • Selon nous sources, il semblerait enfin que soit créées 3 commissions au sein de ce nouveau Conseil Scientifique : RN Scandola, RB Fango, et PNRC. Aussi, pouvez-vous nous éclairer sur la composition de ce nouveau Conseil Scientifique, ainsi que sur les prérogatives de ces commissions ?

Dans l’attente de votre réponse, et vous remerciant de l’attention que vous porterez aux présentes considérations, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments distingués.

Pascal DURAND                                                               Michèle RIVASI

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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