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Réacteurs défectueux : l’euthanasie de la filière nucléaire devient une nécessité

29 Sep 2016

Communiqués, Medias

Après les dernières révélations de l’Autorité de sûreté nucléaire du 23 septembre sur les irrégularités avérées des équipements du parc nucléaire français, un nouveau rapport – commandé par Greenpeace – remet en cause la sûreté de 32 réacteurs nucléaires sur notre territoire.

Réaction de Michèle RIVASI, eurodéputée candidate à la primaire de l’écologie :

« Les années passent et les révélations successives démontrent que la filière nucléaire est dans une dangereuse impasse. Aujourd’hui 6 réacteurs sur 58 sont à l’arrêt en raison de malfaçons, et l’ASN a rappelé que 18 réacteurs étaient équipés de pièces défectueuses. Mais selon le cabinet LargeAssociates, qui a réalisé un rapport sur les anomalies de la filière nucléaire française, la situation serait encore plus catastrophique : 32 réacteurs, soit 44% de la capacité de production, seraient équipés de pièces défectueuses. Nous apprenons ainsi que l’usine Creusot Forge d’Areva n’avait pas les qualifications techniques requises pour maîtriser les procédures nécessaires à la vérification de la sûreté dans les étapes de fabrication des pièces. Et que les anomalies de concentration en carbone ne sont pas une exception française mais un scandale international : le contrôle de qualité et de conformité ne serait qu’une vaste mascarade.

Par ailleurs, la cuve de l’EPR de Flamanville ne disposerait pas d’un certificat de conformité délivré par l’ASN, en infraction aux exigences même de l’ASN. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’État a adopté, le 30 décembre 2015, un arrêté relatif à la sûreté des équipements sous pression nucléaires. Son article 9 prévoit la possibilité, pour un fabricant, de demander à l’Autorité de sûreté nucléaire une dérogation afin d’autoriser l’utilisation d’un équipement n’ayant pas satisfait à l’ensemble des exigences essentielles de sécurité en cas de « difficulté particulière ». La difficulté en question étant que nous avons été mis devant le fait accompli quand la cuve a été installé et le couvercle posé.

Voilà où l’on en est rendu pour protéger une filière industrielle en fin de vie, on la maintient sous assistance respiratoire au détriment de notre sécurité collective et de l’intérêt général, il n’y a pourtant qu’une solution : mettre fin aux souffrances des réacteurs français et en premier lieu à ceux de Fessenheim. En effet le réacteur 1, arrêté volontairement de février à mai 2016 pour subir notamment 9000 activités de maintenance, avait dû être arrêté 13 jours plus tard après la détection d’un dysfonctionnement sur un circuit situé dans la partie nucléaire du réacteur. Le 13 juin dernier c’était au tour du réacteur 2 d’être mis à l’arrêt à cause d’irrégularités de fabrication sur un générateur de vapeur. Arrêtons l’acharnement thérapeutique, débranchons la doyenne des centrales françaises du réseau d’électricité ».

Et l’élue écologiste de conclure : « Face à de telles révélations, j’exige de l’État qu’il renforce les effectifs et les capacités d’enquête de l’ASN, qui semble clairement dépassée par la situation. Et je demande solennellement au Président Hollande de publier immédiatement le décret de fermeture de Fessenheim, qui devait pourtant déjà être publié en juin dernier. Nous devons sérieusement envisager la fermeture rapide des centrales les plus défaillantes en compensant la perte de production d’électricité par le lancement de chantiers d’envergure en matière de rénovation thermique des bâtiments publics et d’énergies renouvelables : la France a tout à y gagner ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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