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Prolongation de la durée d’activité des centrales nucléaires : le gouvernement portera la responsabilité d’un accident majeur

29 Fév 2016

Communiqués, Medias

La Ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer a annoncé hier qu’elle était prête à donner son feu vert à la prolongation de l’activité du parc nucléaire, sous réserve de l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Réaction de Michèle RIVASI, eurodéputée écologiste : « Cette annonce est catastrophique à bien des égards et souligne encore une fois à quel point notre dépendance à l’atome met en danger l’avenir de la France et des Français, sans parler de nos voisins européens.

Ségolène Royal s’adresse avant tout au monde de la finance avec une telle annonce : EDF a abaissé son dividende 2015 après une chute de 67,9% de son bénéfice annuel, et son endettement dépasse les 37 milliards d’euros. Pire, pour la première fois depuis son introduction en Bourse en 2005 (au prix de 32 euros) le titre EDF est passé sous la barre des 10 euros la semaine dernière. Une situation économique désastreuse liée à une mauvaise gestion de l’État d’un groupe assurant pourtant un service public indispensable. En cherchant à imposer le projet Cigeo, en forçant EDF à racheter la branche réacteurs d’Areva et en l’obligeant à investir dans le futur fiasco de l’EPR d’Hinkley Point, le gouvernement français a mis EDF au pied du mur.
Il n’y avait donc plus d’autre choix pour empêcher l’effondrement du colosse aux pieds d’argile. Pendant des années on a rendu l’énergie nucléaire compétitive de manière artificielle, grâce aux subventions publiques et en éludant la question de la gestion des déchets radioactifs et du démantèlement. Aujourd’hui, la France est le mauvais élève européen du nucléaire: alors que les autres pays ont provisionné en moyenne 56% des frais liés au démantèlement des centrales et à la gestion des déchets radioactifs, la France n’est qu’à 31% (1). Ségolène Royal ment donc de manière éhontée lorsqu’elle assure que nos centrales sont amorties, et c’est bien parce que l’État a légitimé l’atome par un prix de l’électricité artificiellement bas que nous nous retrouvons dans cette situation.

En conditionnant cette prolongation au feu vert de l’Autorité de sûreté nucléaire, le gouvernement joue un jeu dangereux. Son Président a pourtant averti à maintes reprises que l’ASN ne disposait pas d’effectifs suffisants pour bien effectuer son travail : nous ne pouvons nous pourtant permettre d’avoir une sûreté nucléaire au rabais, c’est une fuite en avant.

Le plus inquiétant dans cette annonce de prolongation, c’est qu’elle est en contradiction complète avec les objectifs fixés par la loi de transition énergétique : pour respecter l’objectif de diminuation de la consommation énergétique et le seuil des 50% d’électricité d’origine nucléaire à l’horizon 2025, nous devrions fermer de 17 à 20 réacteurs et non pas les prolonger. C’est donc un renoncement de plus, celui de trop ».

Et Michèle RIVASI de conclure : « Pour sauver EDF, l’État est prêt à faire peser le poids d’un accident nucléaire sur le dos du contribuable, au mépris de la santé et de l’avenir des citoyens français et européens ».

(1) À titre d’exemple le provisionnement s’élève à 100% pour la Grande-Bretagne, 94% pour les Pays-Bas et 83% pour l’Allemagne

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One Response to “Prolongation de la durée d’activité des centrales nucléaires : le gouvernement portera la responsabilité d’un accident majeur”

  1. Marlis Krichewsky dit :

    Malheureusement  » le gouvernement portera la responsabilité d’un accident majeur » ne veut rien dire, car le gouvernement actuel n’existera sans doute plus quand cet accident se produira.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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