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Procès Erri de Luca / Lyon-Turin: une première victoire, la mobilisation continue pour le « sabotage » de ce grand projet inutile

 

Communiqué de

Karima DELLI (députée européenne, coordinatrice de la Commission « Transports et Tourisme »)

Daniel IBANEZ (économiste, lanceur d’alerte, auteur des livres Trafics en tout genre et Lyon-Turin, les réseaux déraillent)

Michèle RIVASI (députée européenne, vice-présidente du Groupe Verts / ALE)

Le tribunal de Turin a relaxé aujourd’hui Erri de Luca après que le parquet ait requis une peine de huit mois de prison pour « incitation au sabotage » du chantier du tunnel ferroviaire Lyon-Turin.

Cette victoire des opposants à ce grand projet inutile est une petite brèche ouverte dans la volonté de criminalisation de la contestation sociale et environnementale. La condamnation d’Erri de Luca aurait été une atteinte flagrante aux libertés fondamentales. L’assimilation des opposants à la LGV, les « No Tav », à des terroristes est scandaleuse. Cette relaxe ne nous fait pas oublier que 800 autres défenseurs du Bien commun sont aujourd’hui poursuivis en Italie pour leur lutte contre ce funeste projet.

Quelques mois après les tragiques attentats contre Charlie Hebdo, c’est la liberté d’expression qui a été reconnue alors que le parquet a tenté de la bafouer pour d’obscurs intérêts financiers sacrifiant l’intérêt général et l’utilité publique sur l’autel du profit, des conflits d’intérêts et de l’entêtement. Comment pouvait-on laisser un écrivain risquer la prison pour ses déclarations publiques ? Comment accepter qu’un écrivain soit poursuivi pour ses mots.

Le combat doit maintenant se placer sur le terrain politique, juridique et financier.

En attendant l’issue de l’enquête de l’OLAF (office des fraudes européen) dénonçant les conflits d’intérêts dans les marchés publics, la violation de traités internationaux… nous avons rappelé ce matin lors d’un point presse les raisons de notre opposition à cette aberration écologique et économique qui nous entraîne à grande vitesse vers l’abîme.

Nous serons présents ensemble et plus que jamais motivés le 23 octobre sur le site de construction de la LGV Lyon Turin à Ambérieux en Bugey avant de rencontrer les syndicats et les associations environnementales et de participer à une réunion publique à Chambéry sur les alternatives au Lyon-Turin.

Comme l’a dit Erri De Luca ce matin : « la Ligne soi-disant à grande vitesse en val de Suse doit être freinée, entravée donc sabotée pour la légitime défense de la santé, du sol, de l’air, de l’eau d’une communauté menacée …« . Nous sommes pour le sabotage du Lyon-Turin au sens où le Larousse définit ce terme : « saboter: agir de manière à provoquer l’échec d’une action, à la neutraliser »

 

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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