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Politique énergétique de l’UE: chronique d’un retard programmé

30 Nov 2016

Communiqués, Medias

La Commission européenne a présenté aujourd’hui son paquet de propositions législatives relatives à l’Union européenne de l’énergie.

Réaction de Claude TURMES, Porte-Parole du groupe Verts-ALE sur les questions énergétiques :

« Nouveau cas de promesse non tenue avec ce paquet législatif qui aurait dû amorcer la transition énergétique de l’UE en stimulant d’avantage le développement des énergies renouvelables et en améliorant substantiellement notre efficacité énergétique.

La Commission n’a pas manifestement pas retenu cette option durable et tournée vers le futur. Elle laisse notamment persister des mécanismes de subvention aux énergies fossiles via un soutien aux mécanismes de capacité.

Seule bonne nouvelle : la mobilisation des forces progressistes a permis d’introduire un plafond maximum d’émissions de gaz à effet de serre qui devrait empêcher l’émergence de nouveaux charbons en Europe.

La Commission se contente par ailleurs d’un objectif de 30% d’efficacité énergétique quand le Parlement n’a eu de cesse de répéter qu’il fallait au minimum tabler sur 40% non seulement pour lutter contre la dégradation climatique mais également pour stimuler la croissance et les emplois ou encore lutter efficacement contre la précarité énergétique.

Freinant de surcroît l’essor des renouvelables et l’adoption d’objectifs contraignants sur nos performances énergétiques, la Commission cherche avant tout à satisfaire individuellement les États membres et leurs industries au lieu d’œuvrer à l’autonomie énergétique du continent et d’impliquer les citoyens européens dans la transition énergétique. »

Réaction de Michèle RIVASI, Vice-Présidente du groupe Verts-ALE :

« La Commission se discrédite lorsque les discours ne sont pas transformés en actes. Surtout quand elle cherche à mettre les énergies sur un pied d’égalité en invoquant les risques de distorsions du marché.

Concernant le nucléaire, de nombreuses annonces sont toujours en attente de résultats concrets !

Après Fukushima, la Commission avait promis de mettre en œuvre un régime de responsabilité civile des opérateurs en cas d’accident nucléaire. Actuellement, la convention de Paris fixe le minimum légal à 700 millions d’euros alors que la catastrophe de Fukushima va coûter…170 milliards d’euros au Japon.

Il en va de même pour le démantèlement et la gestion des déchets nucléaires : Il est avéré qu’EDF ne provisionne pas assez d’argent pour le démantèlement. Or, ce ne sera pas la France qui forcera son opérateur à augmenter les prix de l’électricité.

L’énergie nucléaire continue donc de bénéficier d’un statut exceptionnel au détriment des véritables énergies d’avenir : les renouvelables.

Face au manque de vision de Juncker et de sa Commission, il faudra que le Parlement et les gouvernements intéressés à voir l’Europe gagner sur les technologies vertes retravaillent en profondeur ce paquet législatif pour redonner confiance aux investisseurs et réconcilier l’Europe de l’énergie avec les citoyens.»

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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