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Perturbateurs endocriniens : la Commission propose l’intoxication, que dit la France ?

10 Nov 2016

Communiqués, Medias

Après une première proposition en juin dernier, un nouveau projet de la Commission pour encadrer les perturbateurs endocriniens a fuité. La logique suivie ne permettra pas de se débarrasser des substances qui dérèglent notre système hormonal et qui se retrouvent aussi bien dans les plastiques, les pesticides et les peintures.

Réaction de Michèle Rivasi, députée écologiste au Parlement européen et spécialiste des questions de santé :

« Avec la proposition de la Commission, un perturbateur endocrinien pourra être autorisé si « le risque d’exposition de l’être humain est négligeable. » Cette logique de la Commission est dangereuse et constitue un glissement de l’évaluation du danger vers l’évaluation du risque.
Cette proposition de la Commission va à l’encontre du règlement européen sur les pesticides et elle est à nos yeux illégale. Les experts des États membres se prononceront la semaine prochaine en comité sur cette proposition et je souhaite de tout cœur que la France s’y oppose vivement.
Les critères de la Commission qui visent à définir une substance comme un perturbateur endocrinien sont extrêmement strictes et remettent en cause le principe de précaution. La Commission a abandonné une de ses idées initiales de qualifier une substance de perturbateur endocrinien même s’il n’est que « présumé » (presumed) qu’elle ait des effets adverses. Dans sa nouvelle version qui a fuité, la Commission n’entend reconnaître qu’une substance a un effet perturbateur sur notre système hormonal que si cela a été démontré (shows).

En proposant un tel projet, la Commission s’éloigne de la définition de l’Organisation mondiale de la santé qui classe les substances en fonction de leur caractère potentiellement perturbateur endocrinien alors que la Commission, plus stricte, ne prendra en compte que les substances dont on a démontré les effets sur notre système hormonal.
La semaine prochaine, la France enverra des experts en comité pour se prononcer sur cette proposition de la Commission. Pour notre santé et notre environnement, elle doit être rejetée. Madame Royal, qu’allez-vous faire ? »

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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