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Omerta, double-peine et impunité totale: le scandale français de Tchernobyl continue 25 ans après

31 Mar 2011

Communiqués, CRIIRAD, Medias

Les risques et la transparence entourant les conséquences environnementales et sanitaires  de la contamination radioactive ravivent le débat sur la menace que représente le nucléaire civil. Alors que les autorités japonaises sont fortement suspectées de cacher des informations cruciales dans le but de minimiser les conséquences des retombées radioactives, la France semble résolue à enterrer définitivement le scandale de Tchernobyl.

L’omerta française persiste, puisque les autorités judiciaires s’apprêtent aujourd’hui à blanchir définitivement le professeur Pellerin (1) pour le mensonge entourant l’impact de Tchernobyl en France. Alors que celui-ci a demandé un non-lieu, le ministère public soutient sa demande et requiert un non-lieu général et une clôture de l’enquête, considérant que les analyses scientifiques ne démontrent aucune conséquence sanitaire et aucun lien avéré entre la contamination radioactive et la recrudescence des cancers de la thyroïde à l’époque.

Les députées européennes Michèle RIVASI et Corinne LEPAGE s’indignent et s’insurgent contre un tel processus:

« Alors même qu’André-Claude Lacoste – directeur de l’Autorité de Sureté Nucléaire française – reconnaît que les scénarii de risques ont été mal étudiés et que les niveaux de contamination de Tchernobyl servent à justifier l’innocuité des doses actuelles mesurées au Japon, on ne peut qu’être révolté par l’idée d’un non-lieu dans cet affaire d’Etat.

Il y a dans le cas présent une véritable carence de l’Etat dans la protection des gens, que ce soit le droit légitime à l’information en cas de risque sanitaire majeur mais aussi concernant la nécessité d’un véritable suivi épidémiologique afin que l’on puisse tirer les leçons sanitaires d’un tel accident. Refuser de reconnaître les conséquences sanitaires de Tchernobyl, c’est fermer la porte à une investigation qui pourrait sauver des vies à l’avenir.

Il n’y a donc aucune considération pour les victimes dans un tel jugement: c’est une véritable double-peine qu’on leur inflige. En plus d’être affectées durablement par un cancer de la thyroïde, ces victimes n’ont même pas le droit à la reconnaissance du préjudice subi. C’est une honte que l’Etat s’auto-blanchisse au détriment des droits légitimes des citoyens. Après les nombreux et récurrents scandales politico-financiers, après le scandale du Médiator, on se retrouve dans un nouveau scandale politico-sanitaire qui démontre une fois de plus l’impunité totale dont peuvent bénéficier les protégés de l’Etat.

Nous invitons vivement la CRIIRAD et l’Association Française des Malades de la Thyroïde à faire appel de ce jugement s’opposant à la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui garantit le droit à l’information et la protection de la santé des citoyens. Ils peuvent et doivent saisir les autorités européennes compétentes en la matière. »

(1) pour rappel, le professeur Pierre Pellerin fut responsable de la communication officielle des autorités françaises lors du drame de Tchernobyl, puisqu’il était alors directeur du Service Central de protection contre les rayons ionisants (SCPRI)

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One Response to “Omerta, double-peine et impunité totale: le scandale français de Tchernobyl continue 25 ans après”

  1. David dit :

    Quelle sont les conclusions du rapport http://www.criirad.org/actualites/tchernobylfrancbelarus/conclusionsonu_aieasept05/consequencessante.pdf qui sont contestées en réalité ? Ne faudrait ils pas que les écologistes étayent leur discours par des données scientifiques provenant d’études impartiale, quitte à financer ces études si on estime qu’il n’y en a pas ?

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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