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OGM : à quand une étude publique? (Le Parisien)

23 Oct 2012

Medias, Revue de presse

Malgré le flot de critiques scientifiques qui démontent depuis des semaines sa méthodologie et ses résultats, l’étude du professeur Gilles-Eric Séralini sur le maïs génétiquement modifié NK 603 aura eu au moins un mérite : pointer du doigt le manque de recherches sur les effets à long terme des OGM.

Les conclusions du chercheur français, qui pointait un risque accru de tumeurs mammaires et d’atteintes hépato-rénales sur des rats nourris pendant deux ans au maïs OGM, ont été réfutées hier par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). Tout aussi critique, le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) a toutefois recommandé une « étude de long terme, indépendante et contradictoire sous l’égide des pouvoirs publics » pour « lever le doute » dans l’opinion publique.

Une manière de remettre en cause les tests fournis jusqu’ici aux autorités sanitaires par les fabricants d’OGM eux-mêmes. Si l’agence sanitaire de l’alimentation (Anses) n’est pas contre le principe de dupliquer à plus grande échelle l’étude Séralini, elle pointe l’ampleur et le coût de la tâche. L’étude du professeur avait duré deux ans et coûté 3 M€. « Et il faudrait au moins cent rats par groupe pour pouvoir interpréter des données », confie un chercheur de l’Anses. En période de crise, qui paiera la facture? « Pourquoi ne pas demander à Monsanto de payer », suggère l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi.

En attendant que l’Europe ou la France donne son feu vert à cette nouvelle étude, le ministre de l’Agriculture a plaidé hier pour « une remise à plat du dispositif européen d’évaluation, d’autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides ». « Il y aura sûrement nécessité de refaire des études (de long terme), reconnaît Stéphane Le Foll. Mais surtout, à l’échelle de l’Europe, c’est l’ensemble des critères juridiques qui doivent être revus pour que ces études soient menées de manière différente ».

La France pose notamment la question de la durée des tests OGM menés sur les rats, aujourd’hui limités à quatre-vingt-dix jours et financés par les fabricants eux-mêmes. « Dans les différentes commissions et académies d’experts qui ont critiqué mon étude, il y a des gens qui ont autorisé ces OGM, et je demande aujourd’hui la plus grande transparence sur les tests qui ont permis d’autoriser ces produits, nous confiait hier Gilles-Eric Séralini. On pourra ainsi comparer notre étude à celles des fabricants d’OGM ».

L’Anses a reconnu hier « le nombre limité de publications traitant des effets potentiels à long terme d’une consommation d’OGM associés à des pesticides ». L’agence sanitaire recommande donc d’effectuer, en mobilisant des fonds publics, des « études et des recherches d’envergure » sur le modèle… de celle du chercheur français.

« Nous devrions nous inspirer de l’Agence fédérale américaine de toxicologie qui dispose d’un budget annuel de 120 millions de dollars pour effectuer des études lourdes au cas par cas, explique le directeur général de l’Anses », Marc Mortureux.

« Le doute ne doit pas concerner exclusivement l’étude du professeur Séralini », insiste-t-on chez Greenpeace. Pointant du doigt la « responsabilité des agences sanitaires et de la communauté scientifique », l’ONG les appelle « à faire preuve de la même sévérité avec les études fournies par les industriels ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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