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Nuclear Transparency Watch : vers un réseau de vigilance nucléaire pan-européen (Novethic)

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Propos recueillis par Thibault Lescuyer

Créée à Bruxelles à partir d’une initiative française, l’association Nuclear Transparency Watch ambitionne de mobiliser la société civile européenne pour une vigilance partagée sur la sécurité des centrales nucléaires en Europe. Michèle Rivasi, sa présidente inaugurale et Jean-Claude Delalonde président de l’ANCCLI, à l’origine du projet, nous expliquent pourquoi.

Novethic : Michèle Rivasi, en 1986 à la suite de Tchernobyl, vous aviez créé la CRIIRAD, Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité. Pourquoi créer une nouvelle association ?

Michèle Rivasi. La CRIIRAD a été créée en France pour faire des mesures de radioactivité et répondre au mensonge d’Etat sur le nuage de Tchernobyl (qui d’après le gouvernement de l’époque n’avait pas dépassé la frontière, ndlr). Nuclear Transparency Watch (NTW), elle, s’intéresse à la sûreté nucléaire en Europe : le but est de permettre l’accès à l’information dans les pays où la société civile n’y a pas accès. NTW veut doter la société civile d’une contre-expertise et être un support aux initiatives citoyennes.

Jean-Claude Delalonde. L’idée de créer NTW est issue des travaux de l’ANCCLI à Bruxelles autour de la convention d’Aarhus (qui instaure le droit à l’information et la participation du public aux décisions qui impactent l’environnement, ndlr) appliquée au nucléaire. Nos partenaires ont trouvé l’organisation des Commissions locales d’information (CLI) fort intéressante et – sans faire de « cocorico »- unique en Europe. Nous avons donc décidé avec des eurodéputés d’aller plus loin.

Quels sont les partenaires européens de l’initiative ?

Michèle Rivasi. Nous devrions avoir à la fois des eurodéputés de tous bords, comme la Hongroise Edit Herczog, qui est pro-nucléaire mais qui défend l’accès du public à l’information nucléaire et des associations d’Europe Centrale comme le Regional Environmental Center for Central and Eastern Europe (présent dans 17 pays d’Europe centrale) ou encore la Fondation pour l’Environnement et l’Agriculture de Bulgarie. Greenpeace Europe devrait aussi nous rejoindre. Ce n’est qu’un début, cela va se construire petit à petit.

Jean-Claude Delalonde. Je compte beaucoup sur les eurodéputés pour amener des organisations de la société civile en Europe centrale à nous rejoindre !

Selon le directeur de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) Jacques Repussard, la « vigilance citoyenne » et la présence d’observateurs indépendants sont essentiels à la sureté nucléaire. Est-ce que cette opinion est partagée en Europe ?

Michèle Rivasi. Non. Dans des pays comme la Bulgarie, les représentants de la société civile ont un mal fou à obtenir des informations sur les centrales nucléaires (1). En France, il a fallu un combat de longue durée – le CRIIRAD a été créé il y a bientôt 30 ans – avant que la filière nucléaire reconnaisse la société civile comme partie prenante. Aujourd’hui, il y a toujours des zones d’ombre, par exemple sur la décision de prolonger la vie des centrales.

Votre premier groupe de travail sera consacré à la préparation aux urgences nucléaires. Pourquoi ?

Jean-Claude Delalonde. Tout d’abord parce qu’il y a eu Fukushima. Je suis très étonné que dans l’esprit de beaucoup de gens cet accident soit fini, alors qu’il y aura une situation d’urgence permanente pendant des années. L’autre raison, c’est qu’en Europe il n’y a rien de prévu à part des réponses nationales, pour un accident dépassant les frontières : à la centrale de Cattenom (située en Lorraine, à la frontière avec le Luxembourg, la Belgique et l’Allemagne), un récent exercice de sécurité transfrontalier a suscité des questions de la part de nos amis belges, hollandais ou allemands, qui démontrent qu’il n’y a pas de concertation.

(1) En Biélorussie, République Tchèque et Slovaquie, les activités nucléaires sont couvertes par des lois spécifiques et non sujettes à la convention d’Aarhus sur le droit à l’information environnementale, pourtant signée par ces pays.

L’ANCCLI

Cette association française fédère les 38 Commissions locales d’information (CLI) qui « surveillent » les 58 réacteurs français, dans une logique multi-parties prenantes, encadrée par la loi de 2006 sur la transparence et la sûreté nucléaire. Chaque CLI associe élus locaux, experts et associations, « certaines pro et d’autres anti nucléaires », précise son président, Jean-Claude Delalonde.

Propos recueillis par Thibault Lescuyer

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