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Nucléaire: scandale français sur les tests de résistance proposés par l’UE

05 Avr 2011

Communiqués, CRIIRAD, Medias

« Il y aura avant et un après Fukushima », c’est ce que répètent en chœur tant les experts que les autorités nationales, et pourtant rien ne va changer concrètement. Alors que la Commission européenne souhaitait imposer des tests de résistances au parc nucléaire européen, finalement ce seront les autorités nationales de régulation qui dicteront en dernier lieu les modalités de ces tests. Encore une fois, la France fait partie des pays cherchant à limiter au maximum l’impact de ces tests visant à contrôler la sécurité des centrales.

A deux jours du vote de la résolution du Parlement européen sur les conséquences de la situation au Japon sur les centrales nucléaires en Europe, les eurodéputés du Groupe des Verts/ALE Michèle RIVASI et Yannick JADOT (Europe Ecologie – Les Verts) s’indignent de l’attitude de la France, et remarquent qu’elle continue à jouer le même jeu que suite à la catastrophe de Tchernobyl.

Pour preuve, les 2 eurodéputés citent un courrier ministériel datant du 5 juin 1986, où Alain Madelin -alors Ministre de l’Industrie- écrivait une lettre au Ministre des Affaires Etrangères. Alors que la Commission envisageait déjà à l’époque de définir des critères objectifs de sécurité pour les centrales nucléaires, la France avait la même attitude prétentieuse et cynique, et s’entêtait dans la défense du crédo nucléaire sans tirer les conséquences de la catastrophe alors en cours.

En voici quelques passages, cités mot pour mot:

« Des normes communautaires n’apporteraient aucune amélioration à la sûreté nucléaire »
« Les modifications que [des critères communautaires] risqueraient d’entraîner sur les centrales françaises, sans garantir une amélioration de la sûreté, seraient d’un coût économique considérable »
« [La Commission] remet en cause le traité Euratom, et confère au traité CEE des compétences dans le domaine nucléaire. Elle va, elle-aussi, à l’encontre de la politique française depuis plus de 20 ans et menace à terme nos intérêts. L’importance du domaine nucléaire en France justifie que nous continuions à exiger la séparation juridique des traités Euratom et CEE »
« […] la France occupe donc une place à part dans le nucléaire européen. Elle est, de ce fait, souvent conduite à défendre un point de vue différent de celui de ses partenaires et de la Commission. Son isolement éventuel ne saurait, seul, justifier des concessions qui s’avèreraient lourdes de conséquences pour notre industrie nucléaire ».
Pour les eurodéputés EELV, cette attitude doit cesser:

« De quoi le Président Sarkozy a-t-il donc si peur? Que nos centrales se montrent défaillantes? Les tests de résistance ne seront finalement qu’un simple exercice de communication orchestré par les autorités nationales, qui semblent définitivement plus se préoccuper d’intérêts dits ‘supérieurs’ à la protection des citoyens. C’est inadmissible de défendre une telle ligne alors que des risques européens existent bel et bien. Le risque nucléaire, transfrontière, appelle à dépasser la souveraineté nationale au sein de l’UE: ces tests doivent absolument être effectués par des experts indépendants provenant de pays tiers, avec des critères objectifs tels que le risque terroriste et de crash aérien. Tant les autorités britanniques que françaises cherchent à vider le cahier des charges des critères de risque les plus dangereux, c’est un scandale! ».

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One Response to “Nucléaire: scandale français sur les tests de résistance proposés par l’UE”

  1. BRUNO BARRERE dit :

    EXIGEONS UN DEBAT SUR LE NUCLEAIRE A LA PLACE DE CELUI QUI EST IMPOSE SUR LA « LAICITE »

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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