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Nucléaire : le siège d’Iter à Cadarache inauguré demain jeudi sous haute tension (Les Echos.fr)

16 Jan 2013

Medias, Revue de presse

PAUL MOLGA
588 mots
16 janvier 2013
Les Echos.fr

Le bâtiment administratif de plus de 20.000 mètres carrés va être inauguré jeudi matin par le commissaire européen à l’énergie et la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche française. Les dérapages budgétaires du projet passé de 5 à 16 milliards d’euros alimentent la controverse

Le commissaire européen en charge de l’Energie, Günther Oettinger, et la ministre française de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, inaugurent jeudi matin à Cadarache le siège administratifd’Iter. Un chantier de plus de 20.000 mètres carrés totalisant 40 millions d’euros réalisé par le groupe de BTP Léon Grosse et le spécialiste en génie climatique Axima. Cette première étape du chantier intervient dans un contexte de tension budgétaire et de controverse scientifique.

Il y a quelques semaines, les députés européens ont approuvé in extremis une rallonge de 650 millions d’euros pour boucler le financement jusqu’à fin 2013 de ce chantier scientifique parmi les plus chers de ces dernières décennies. Pour respecter ses engagements à l’égard des partenaires impliqués (Etats-Unis, Corée du Sud, Chine, Inde, Russie), l’Union européenne a dû racler ses fonds de tiroir. Des transferts budgétaires de fonds non alloués et des arbitrages ont été opérés sur le programme agricole parfois au détriment d’autres enveloppes. Celles destinées aux technologies numériques ont notamment vu leur budget réduit de 140 millions d’euros pour 2013.

200 millions de degrés

D’abord encensé pour son ambition de produire en abondance une énergie bon marché, le projet Iter (réacteur thermonucléaire expérimental international) a perdu une part de son aura à l’annonce du triplement de son coût initial, passé de 5 à 16 milliards d’euros. Depuis, le débat se cristallise sur son utilité. Des physiciens éminents ont mis en doute les capacités de la technologie humaine à maîtriser les turbulences induites par le plasma à 200 millions de degrés . Le record est aujourd’hui de quelques secondes.

Avec un équipement dix fois plus grand que les expériences actuelles, Iter ambitionne de contrôler la charge pendant plus de 5 minutes. Au mieux, les premières centrales de production industrielle seront opérationnelles dans cinquante ans. Les opposants, notamment Greenpeace dénoncent « un mirage scientifique et un gouffre financier » pour l’Europe qui finance 45,5% du chantier. « Face à l’urgence des défis environnementaux et économiques, il faut arrêter Iter », estime l’eurodéputée verte Michèle Rivasi. « Pas question », rétorque « aux Echos » la ministre de la Recherche. « Iter porte de multiples enjeux scientifiques, technologiques et sociétaux pour l’humanité. C’est une réponse aux défis énergétiques à venir dont la communauté internationale a besoin », estime Geneviève Fioraso.

L’engagement de l’Europe se monte à 6,6 milliards d’euros, dont 1,16 pour la France. Pour « sanctuariser » son financement et en finir avec les batailles budgétaires annuelles, la ministre a proposé d’inscrire Iter dans le programme européen cadre Horizon 2020 pour la recherche avec un budget de 2,7 milliards d’euros par an. L’exécutif bruxellois est partagé. Il craint qu’Iter ne pompe littéralement les fonds destinés à d’autres programmes scientifiques si de nouveaux dérapages survenaient malgré la mise en place cette année d’un système de contrôle indépendant des coûts et des performances managériales. La Commission a proposé qu’Iter soit financé directement par les Etats membres. Le Conseil de L’Union Européenne a un an pour trancher.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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