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Nucléaire: la France, ce pays qui construit des centrales pour maintenir à flot une industrie exsangue

13 Jan 2015

Communiqués, Medias

Dans une interview au magazine Usine Nouvelle, Ségolène ROYAL a assuré qu’il fallait programmer une nouvelle génération de réacteurs nucléaires.

Réaction de Michèle RIVASI, eurodéputée EELV spécialiste des questions nucléaires:

« On se demande quelle mouche a piqué Ségolène Royal: alors que l’industrie nucléaire française vit une véritable crise économique, à l’instar d’Areva, elle souhaite la maintenir sous perfusion grâce à de nouvelles commandes de l’État. En temps de crise, chaque euro compte et l’argent public ne doit pas servir à soutenir des entreprises sur le déclin, ça n’est pas ainsi que l’on crée de l’innovation et des emplois durables. On le voit en Angleterre, des aides d’État considérables ont dû être octroyées pour lancer le projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point: les marchés financiers ne souhaitaient pas s’engager dans un investissement pareil, en raison d’un risque de rentabilité.

Aujourd’hui, il est plus que jamais temps de s’intéresser au démantèlement des installations existantes avant de se lancer dans un quelconque autre chantier: nous devons connaître les véritables coûts du démantèlement, dont les estimations fluctuent énormément d’un pays à l’autre.

Et si la Ministre souhaite vraiment développer les renouvelables, il faut justement rééquilibrer le mix électrique en leur faveur: les énergies renouvelables ne représentaient que 16,1% de la consommation d’électricité brute en 2012, c’est là qu’il faut consacrer l’essentiel des investissements de production. Il y a un contre-sens évident, ça ne me semble pas logique ».

Et Michèle RIVASI de conclure: « Cette prise de position de Mme Royal laisse augurer une remise en cause de l’EPR et le lancement d’un nouveau type de centrales low cost. En effet, l’EPR de Flamanville devait être opérationnel en 2012, et il devrait avoir finalement 6 ans de retard dans sa construction. À chaque report la facture flambe, la sécurité énergétique s’amenuise et les vieux réacteurs nous exposent à des risques de défaillance générique, menaçant la France d’un potentiel black-out ou d’un accident nucléaire ».

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One Response to “Nucléaire: la France, ce pays qui construit des centrales pour maintenir à flot une industrie exsangue”

  1. Valentin dit :

    Ceux qui sont bouche bée devant les promesses de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité française feraient mieux de voir la réalité de près :

    …://energeia.voila.net/nucle/ambiguite_nucleaire.htm

    L’ambiguïté de la loi en discussion au sujet du nucléaire, sur le site energeia

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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