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Non-déclaration des conflits d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique: ma lettre à la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte

29 Oct 2015

Communiqués, Medias

Strasbourg, le 29 octobre 2015

Madame la Présidente Delphine Ernotte,

C’est en tant que députée européenne attachée à la transparence que je m’adresse à vous, mais aussi et surtout, en tant que citoyenne qui porte des attentes fortes à l’égard de la mission d’information impartiale de l’audiovisuel public.

Lors de l’émission « Enquête de santé » animée sur France 5 par Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes le 6 octobre 2015, j’ai été choquée d’observer, qu’une fois de plus, la loi Kouchner du 4 mars 2002, relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, n’a pas été respectée.

En effet, au cours de cette émission, les médecins Philippe Giral et Gérard Helft, présents sur le plateau n’ont pas informé les téléspectateurs de leurs liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique, alors qu’ils sont nombreux, comme l’a très bien montré l’association Formindep dans un article paru le 22 octobre 2015 sur son site internet. Les journalistes qui les interrogeaient ont cautionné cette non-transparence en renvoyant la consultation de leur déclaration d’intérêts au site de l’émission (au lieu de mentionner le site « Transparence santé » du gouvernement) et en évitant bien d’y faire référence. Or, l’article 26 de la Loi Kouchner dispose que « les membres des professions médicales qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu’ils s’expriment lors d’une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle sur de tels produits. (…) Les manquements aux règles mentionnées à l’alinéa ci-dessus sont punis de sanctions prononcées par l’ordre professionnel compétent. »

Alors que le sujet de l’émission portait sur les statines, les deux médecins n’ont pas daigné informer les téléspectateurs des liens financiers qu’ils entretiennent avec des laboratoires pharmaceutiques qui produisent ces médicaments. Près de 6.5 millions de Français consomment des statines avec comme objectif de diminuer leur cholestérol et ils ont le droit d’être informés par des « experts » dignes de ce nom qui ne renâclent pas à l’idée de faire savoir d’où ils parlent vraiment.

Comme le montre le nouveau livre du Professeur Philippe Even, « Corruptions et crédulité en médecine » avec pour sous-titre « Stop aux statines et autres dangers », la question de ces médicaments se doit d’être traitée en toute transparence tant elle fait polémique.

En espérant que la loi Kouchner sera appliquée avec plus de vigilance sur le service public audiovisuel, veuillez agréer, Madame la Présidente Ernotte, mes salutations les plus distinguées.

Michèle Rivasi

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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