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Mix électrique 100% renouvelables: sortir du nucléaire à moindre coût, c’est possible mais ça dérange !

09 Avr 2015

Communiqués, Medias

La révélation par Mediapart du rapport commandé par l’Ademe démontre bien l’omerta imposée par l’industrie nucléaire sur l’avenir énergétique et électrique de la France.

Réaction de Michèle RIVASI, vice-Présidente du Groupe des verts/ALE au Parlement européen : « Alors que les coûts du nucléaire ne font que croître et que ceux de l’éolien ou du solaire ne font que diminuer, alors que la géothermie ou l’énergie marine représentent des gisements inépuisables et constants de production de chaleur ou d’électricité, la France s’entête à vouloir développer de nouvelles générations de réacteurs nucléaires, avec le succès que l’on connaît : un fiasco industriel.

Il est désormais prouvé qu’un mix électrique 100 % renouvelable en 2050 – même avec des conditions météorologiques défavorables ! – est crédible car la France dispose d’un potentiel considérable en énergies renouvelables. La production pourrait atteindre 1268 TeraWatt heure (TWh), soit trois fois la demande d’électricité escomptée (422 TWh). Ce qui signifie non seulement que nous pourrions développer une indépendance électrique mais aussi en tirer des bénéfices en revendant nos excédents aux pays voisins grâce à l’interconnexion électrique que développe l’Union européenne.

Bien sûr, y parvenir demande une vision de long terme que les décideurs politiques n’ont jamais voulu développer, se cachant derrière des arguments aussi factices qu’irresponsables. L’État a pourtant les moyens d’impulser une telle révolution énergétique, mais encore doit-il accepter de permettre une véritable maîtrise de la demande pour la rendre compatible avec l’offre, ce qu’a toujours empêché le parc nucléaire.

Ce scénario prospectif doit nous permettre de nous réapproprier l’énergie et le débat qui l’entoure : nous avons le choix, prenons les décisions qui s’imposent. Ce que nous enseigne cette étude c’est qu’il faut tirer profit des disparités géographiques : chaque région a un potentiel différent et la résilience du système électrique dépendra de cette mixité. Dans le scénario de référence, la production se décomposerait en 63% d’éolien (terrestre et marin), 17% solaire, 13% hydraulique et 7% de thermique renouvelable (incluant la géothermie) pour un coût annuel total de 50.1 milliards d’euros, incluant les coûts de stockage et de réseau. Avec un coût du MegaWatt heure (MWh) de 119 euros ce scénario rentre déjà en concurrence avec le coût du MWh pour le projet EPR anglais à Hinkley Point (110 euros le MWh), et c’est sans compter d’éventuelles ruptures technologiques qui pourraient radicalement faire baisser certains coûts.

Imaginons, aussi le potentiel d’emplois que représentent l’isolation thermique des logements, mais aussi la construction et la maintenance d’infrastructures de production d’énergie locale. Réalisons les bénéfices que ceci apporterait à notre balance commerciale déficitaire. Mieux, imaginons devenir propriétaires de nos propres moyens de production : certaines communes ont déjà montré l’exemple en France. »

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One Response to “Mix électrique 100% renouvelables: sortir du nucléaire à moindre coût, c’est possible mais ça dérange !”

  1. kw dit :

    Voilà la condition idéale pour rentrer au gvt !

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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