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MICHÈLE RIVASI: « IL FAUT DÉGAGER SARKOZY » (Stiletto.fr)

11 Avr 2012

Medias, Revue de presse

Michèle Rivasi, 59 ans, est la porte-parole d’Eva Joly, la candidate des verts à l’élection présidentielle. Eurodéputée Europe Ecologie-Les Verts, elle a également été députée de la Drôme de 1997 à 2002. Farouchement engagée contre le nucléaire, elle est la fondatrice de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), qui a vu le jour en 1986, après la catastrophe de Tchernobyl.

Comment va Eva Joly ?

Très bien, elle est en pleine forme et incroyablement courageuse. Malgré sa chute, elle continue. Les enjeux sont si importants qu’elle ne lâche rien.

Et comment se passe la campagne ?

Europe Ecologie est toujours un peu cassé dans les sondages et le débat n’est pas digne d’une élection présidentielle. Il n’est pas au niveau des grands enjeux du dérèglement climatique.

L’écologie, une priorité pour les Français ?

Notre programme a des difficultés à entrer dans le débat. On n’a pas su montrer que par l’écologie verte, on pourra développer des emplois, et que cela touchera au pouvoir d’achat. Il faut que l’on soit plus pédagogue. Dans l’esprit des Français, l’écologie se limite à la biodiversité et non au développement d’un nouveau modèle de société fondé sur le partage. On s’imagine que c’est un luxe. Mais l’écologie, ce n’est pas que pour les bobos, ça touche avant tout aux problèmes quotidiens des plus précaires. Mais la conscience écologiste a progressé, elle doit se manifester dans les urnes.

Votre objectif pour l’élection présidentielle ?

Eva n’a pas la prétention de devenir présidente. Mais de montrer que son projet peut apporter des solutions. Il y aura donc un rapport de force avec le Parti socialiste. J’appréhende le premier tour avec angoisse, tout va dépendre de l’intelligence du PS. S’il ignore l’écologie, il perdra dans cinq ans. Mais d’abord, il faut dégager Sarkozy.

N’y a-t-il pas un paradoxe à être candidate sans vouloir être élue ?

Non, l’élection présidentielle, c’est la proposition de projets pour les cinq années à venir. Notre objectif, c’est de faire le score le plus important au premier tour pour faire peser l’écologie dans le prochain gouvernement.

Qu’attendez-vous du Parti socialiste s’il gagne les élections ?

J’attends que François Hollande fasse de l’écologie une économie verte. Car il ne s’agit pas que d’espaces verts dans les villes, de défense des oiseaux et de protection des fleurs. L’écologie doit être au centre d’une politique globale: comment faire baisser les charges énergétiques ? Comment prévenir les maladies ? C’est du concret. C’est vivre mieux et partager davantage. Vu l’actualité, avec la pollution de l’air, la fuite de gaz en mer du Nord, il serait difficile de fermer les yeux. Si Hollande n’entend pas ces sirènes, c’est qu’il est autiste.

Interview Céline Hussonnois Alaya

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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