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Michèle Rivasi, à la pointe des combats pour la santé…et contre le nucléaire (francetvinfo)

Par Dominique Voegele | Publié le 12/02/2014 à 16H43, mis à jour le 13/02/2014 à 11H35

Certains noms ne vous seront pas inconnus, d’autres n’éveilleront sans doute rien en vous. Ils ne sont pas tous français, après tout ce Parlement est européen ! Une rapide fiche signalétique, un court portrait pas toujours totalement objectif et surtout trois questions : 1. Avez-vous l’impression d’être écouté, influent ? 2. Quelle est votre plus belle réussite ? 3. Votre plus beau flop ?

Le diable en personne. C’est ce qu’aurait dit d’elle un haut fonctionnaire du ministère de l’industrie. Il faut dire que la dame qui a commencé sa carrière en recueillant après Tchernobyl l’eau de pluie, avant de créer le premier laboratoire associatif indépendant (la Crii-Rad) a fait peur a beaucoup de monde. Voilà qu’en dehors des cénacles habituels et reconnus, une jeune biologiste se mêlait de ce qui ne la regardait pas. Le nucléaire, la radioactivité, les nuages qui étaient censés ne pas dépasser le Rhin.

Pire, elle s’est lancée en politique. Et depuis 2009, elle fait les beaux jours du groupe Europe Ecologie-les Verts du Parlement européen. Avec un regard acéré sur tout ce qui, à ses yeux, ne marche pas. Du nucléaire au fonctionnement de l’Agence européenne du médicament, du projet Iter (ce n’est pas loin de chez elle en vallée de la Durance) aux relations avec les pays d’Afrique des Caraïbes et du Pacifique. Elle est en effet aussi vice Présidente de l’Assemblée UE/ACP. L’une de ses grandes forces, la ténacité. Au point d’obtenir de la Commission européenne 4 millions d’euros pour l’ouverture à Tchernobyl d’un centre médical venant en aide aux victimes de l’accident nucléaire. Quand le diable se transforme en bon dieu.

Pensez-vous avoir joué un rôle important lors de cette mandature ? Avoir été écouté ?

Elue députée européenne en Juin 2009 avec 18,27% des voix sur la circonscription Sud-est (le deuxième meilleur score Europe Ecologie-Les Verts de France après l’Ile de France), je devais être à la hauteur des attentes de ceux qui m’ont accordé leur confiance. C’est pourquoi je me suis très rapidement mise au travail avec beaucoup d’énergie, en contribuant notamment à la rédaction de plus de 30 rapports: gaz de schiste, grippe A, plateformes pétrolières, effets secondaires des médicaments, ITER, amiante, tabac, perturbateurs endocriniens, radioprotection, alimentation, etc. en dénonçant inlassablement les conflits d’intérêts qui minent l’intégrité et l’efficacité des institutions européennes.

De nombreux amendements déposés par le groupe des Verts/ALE dans le domaine de la santé, en faveur de la transparence des données, demandant l’arrêt des conflits d’intérêts ont été adoptés grâce à des alliances de bon sens avec les autres groupes politiques et surtout les femmes, qui ont été sensibles à la protection de la santé des citoyens et la protection des consommateurs en général.

Votre plus belle réussite, fierté, gros coup ?

Après avoir créé la Criirad (http://www.criirad.org) en 1986 suite au mensonge de Tchernobyl (afin de pouvoir suivre les victimes abandonnées par le liquidateur de la centrale), j’ai pu travailler avec le scientifique Yuri Bandajevski et son projet de suivi de l’état sanitaire des enfants à Tchernobyl. À force d’obstination, j’ai pu obtenir 4 millions d’euros de financements européens afin de permettre une prise en charge sanitaire de ces victimes. Il s’agit d’une première et d’une véritable victoire, alors que nous fêtions le 27e anniversaire de la catastrophe.

En parallèle, j’ai participé à l’émergence d’un projet d’envergure européenne : Nuclear Transparency Watch. Créée en 2013 avec l’Anccli (http://www.anccli.fr), Greenpeace et d’autres députés européens de tous bords politiques, cette association européenne vise à garantir une exigence de transparence et de participation de la société civile dans le domaine de la sûreté nucléaire, afin de lutter contre l’omerta et la désinformation en impliquant les citoyens directement.

Votre plus beau loupé, flop ?

Il s’agit de grandes déceptions partagées par les eurodéputés écologistes dans leur ensemble : le vote sur le Politique Agricole Commune, qui n’a pas été suffisamment verte, et le vote sur le budget européen. Ce qui a été proposé n’est pas à la hauteur pour sortir de la crise, c’est pourquoi le Groupe des Verts/ALE a voté contre budget pluriannuel. Un budget en baisse de 9%, qui maintient les inégalités entre agriculteurs, continue à alimenter ce gouffre financier que représente ITER, et qui baisse la solidarité internationale et l’enveloppe en matière de Recherche, n’est pas la solution..

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