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Menace sur l’hopital public: ne pas se tromper de combat

09 Mar 2015

Communiqués, Medias

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Lundi 9 mars 2015

Libération dans son édition du jour révèle un document confidentiel débattu à priori au Ministère de la Santé et destiné aux directions des Agences Régionales de Santé (ARS) qui prévoit un programme affichant l’objectif de réaliser 10 milliards d’économies à l’horizon 2017 dont 3 milliards d’euros dans l’hôpital public.

Je ne peux que déplorer le triomphe de la logique comptable en matière de santé publique. L’hôpital n’est pas une entreprise marchande et le libéralisme appliqué au domaine de la santé sur la base du seul critère de la quête d’économies et de réduction de la dépense publique  ne peut produire que des ravages sanitaires et sociaux comme l’atteste le cas de la Grèce après les cures d’austérité imposées par la Troïka.

 

Certes, il convient de lutter contre le dérapage des dépenses publiques et le déficit chronique de notre système de sécurité sociale (le déficit de la branche maladie s’élevant à 6,8 milliards d’euros en 2013) si l’on souhaite pérenniser pour les générations futures un système de soins fondé sur la solidarité et l’égalité d’accès pour tous.

 

Toutefois, l’hôpital public est aujourd’hui en état d’urgence, menacé notamment par une privatisation rampante et une fuite des meilleurs professeurs et professionnels de santé à l’étranger ou dans le privé.

 

Les économies sont à rechercher ailleurs. En luttant contre la sur-consommation et la surfacturation des médicaments par une meilleure prescription et une réforme des modalités de fixation des prix, l’assurance-maladie (et les complémentaires) pourrait réaliser au moins 10 milliards d’euros d’économies avec notre système de dispensation, c’est à dire annuler son déficit chronique et ce sans dommage pour la santé publique, bien au contraire en terme de pharmacovigilance.

Les français sont en effet les plus gros consommateurs de médicaments en Europe (entre 50% et 100% de plus que nos voisins les plus proches).

En Italie, on constate que le coût collectif des médicaments en ville et à l’hôpital s’élève pour 2013 à 18 milliards d’euros contre 34 milliards pour la France, soit 85% de plus en HT et à populations égales pour les mêmes résultats sanitaires.

 

Pour cela, il faudrait s’attaquer au cœur du problème : l’emprise du lobbie pharmaceutique sur les pouvoirs publics et les professionnels de santé et lutter farouchement contre les conflits d’intrérêt foisonnant entre sphère publique et privée.

C’est la raison pour laquelle nous avons lancé au mois de janvier notre opération mains propres sur la santé.

 

Il ne faut pas se tromper de combat.

 

La santé n’est pas une marchandise !

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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