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Mediator: le grand ménage se poursuit (L’Humanité)

20 Fév 2013

Medias, Revue de presse

Cinq personnes, dont un ancien haut cadre de l’Agence du médicament, sont mises en examen dans le cadre de l’enquête sur les conflits d’intérêts avec le laboratoire Servier.

Les têtes continuent de tomber dans l’affaire du Mediator. C’est au tour cette fois de deux anciens responsables de l’Agence du médicament d’avoir été mis en examen il y a quelques jours pour «prise illégale d’intérêt». De quoi sans doute y voir plus clair, notamment sur les dysfonctionnements qui ont permis au laboratoire Servier de commercialiser un médicament détourné de sa prescription d’origine et dangereux pour la santé.

Jean-Michel Alexandre, professeur de pharmacologie a été président de la commission d’autorisation de mise sur le marché à l’Agence du médicament de 1985 à 1993, directeur de l’évaluation des médicaments de 1993 à 2000, puis président du comité des médicaments de l’Agence européenne du médicament de 1995 à 2000. Et sans transition aucune, ce haut fonctionnaire a ensuite quitté les administrations publiques pour devenir consultant, notamment auprès du laboratoire Servier entre 2001 et 2009. C’est ce qu’on appelle le phénomène de «porte tournante», très utilisé, entre autres, au sein des institutions européennes. Du public au privé, de la sécurité sanitaire des citoyens au conseil (grassement rémunéré) des industries pharmaceutiques, les transferts ont de quoi interroger.

Lui aussi mis en examen, Éric Abadie a été président du comité d’évaluation des médicaments à usage humain de l’Agence européenne du médicament en 2007 et directeur des affaires médicales du Syndicat de l’industrie pharmaceutique. Du côté d’un laboratoires Servier, c’est Christian Bazantay, secrétaire général du groupe, qui est poursuivi pour « complicité du délit de participation illégale d’un fonctionnaire à une entreprise précédemment contrôlée ». Une société de conseil baptisée Cris, financée en partie par Servier, aurait servi de société-écran entre Jean-Michel Alexandre et les laboratoires. Christian Bazantay aurait signé le contrat liant Cris au laboratoire Servier.

« L’influence de ces représentants français de l’Afssaps au sein de l’Agence européenne du médicament, dans la gestion de la pharmacovigilance du Mediator, a toujours été flagrante », a commenté la députée européenne (Verts) Michèle Rivasi. « En novembre 2009, nous avions demandé la démission d’Éric Abadie, car on ne peut pas continuer à diriger un comité d’évaluation des médicaments à usage humain en étant aussi peu indépendant du lobby pharmaceutique ». Invité par la revue Prescrire début février, le professeur Peter Gotzsche, directeur du Nordic Cochrane Center, un réseau qui travaille sur la transparence des données scientifiques en matière de santé, avait qualifié ces agissements de «criminalité industrielle».

Maud Dugrand

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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