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Les élections sont un moyen avant d’être une fin : aux urnes citoyens arméniens !

04 Mai 2012

Communiqués, Medias

Alors que la France vit une période électorale trépidante, qui mènera sûrement à une alternance attendue depuis longtemps…d’autres élections bien loin d’ici revêtiront un caractère tout aussi important. En effet, le 6 mai alors qu’aura lieu le deuxième tour des élections présidentielles françaises, les Arméniens se rendront dans leurs bureaux de vote pour élire une nouvelle assemblée.

La jeune démocratie arménienne a encore beaucoup de preuves à faire et tous les observateurs – arménophiles ou non – s’accordent à dire que ces élections n’auront pas seulement pour but d’élire des députés au Parlement. Non, il y a bien plus à espérer car l’avenir du pays, tout comme son intégrité, sont en jeu.

Dans le fond comme dans la forme, ces élections reflèteront la position que l’Arménie souhaitera adopter tant dans ses affaires intérieures qu’à l’international. C’est pourquoi l’organisation de ce scrutin doit être irréprochable, afin de faire taire les mauvaises langues qui fustigent le manque de démocratie et la corruption en Arménie.

Les progrès accomplis ces dernières années sont remarqués et remarquables, ils ne doivent pour autant être une simple façade du changement en cours dans la société arménienne. La crise politique de mars 2008 reste dans les mémoires de tout un chacun. En suivant les recommandations européennes, la pays a montré une responsabilité qui peut et doit faire pâlir ses voisins de honte. Amnisties, dialogue avec l’opposition extra-parlementaire, modification du code électoral, liberté de réunion sont autant de progrès qui seront gravés dans le marbre à l’issue des prochaines élections.

Ces changements honorent l’Arménie et sa diaspora. Ils sont une double-récompense pour le peuple puisqu’ils aboutiront aussi à l’établissement d’un partenariat durable avec l’Union européenne. Preuves en sont la progression rapide des négociations en vue d’un accord de partenariat UE-Arménie, la future facilitation de l’attribution des visas mais aussi l’émergence d’un véritable accord de libre-échange. A terme, l’Arménie rejoindrait la Suisse, l’Islande et la Norvège dans le club prestigieux des pays démocratiques faisant partie de l’association européenne de libre-échange (AELE). Voilà pour les aspects économiques, fondamentaux même si ils ne sont que la partie d’un ensemble qui demande toujours plus de cohérence et de sérieux. Ces enjeux sont d’autant plus importants en période de crise car il est impératif de lutter contre l’isolement économique du pays.

La politique étrangère de l’Arménie elle aussi démontre la maturité acquise au gré d’évènements tragiques. Les menaces de guerre avec l’Azerbaïdjan restent bien heureusement lettre morte dans les échanges de télégrammes diplomatiques. Les tensions constantes du conflit au Nagorno-Karabakh, où je me suis rendu en tant qu’observatrice en 2010, font grincer les dents du groupe de Minsk en charge de sa résolution. Pour autant ce conflit larvé peut et doit être résolu de manière pacifique, la France comme l’UE s’y emploieront. N’oublions pas que la guerre est synonyme de perte même lorsqu’elle mène à la victoire. L’Arménie a déjà assez souffert et les générations futures méritent un avenir apaisé sans quoi la haine et la rancœur seront leur seul horizon. Aussi, et malheureusement, les relations avec la Turquie ne s’améliorent pas vraiment, mais l’Arménie a fortement gagné en crédibilité en faisant les premiers pas : la balle est dorénavant dans le camp turc. C’est au regard de ces avancées que je tiens à rappeler une vérité aussi banale qu’importante: l’Union européenne favorisera toujours les pays qui justifient la confiance qu’elle leur a accordée.

Vous l’avez compris, les défis sont nombreux. Et pour les dépasser avec succès, il faut élire ceux qui penseront à l’avenir du pays entier plutôt qu’à leur propre situation et à celle de leur famille, ceux qui auront les compétences nécessaires. Je ne fais pas de procès d’intention, je ne fais pas la morale : ces critiques je les adresse à l’ensemble des pays démocratiques, la France comprise. En tout cas, ceux qui ne voteront pas ou voteront mal n’auront plus d’excuses lorsqu’ils se lamenteront du délabrement de leur pays et de la corruption de leurs élites. Les bénéfices du vote n’existeront que s’ils sanctionnent les irresponsables et donnent leurs chances aux braves : seuls de bons élus parviendront à renforcer l’Arménie dans ses convictions démocratiques.

Avec un peu de chance et beaucoup de diplomatie, la contagion s’étendra aux pays voisins et démontrera que la fatalité n’est ni cocasse, ni caucasienne. Cette chance aussi infime soit-elle, les Arméniens l’auront entre leurs mains : c’est leur bulletin de vote.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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