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Les écologistes estiment que débattre du coût du nucléaire n’est plus  » tabou  »

04 Jan 2012

Medias, Revue de presse

Article à paraître dans Le Monde du 5 Janvier 2012

« On vous l’avait bien dit ! » Les écologistes avaient du mal, mardi 3 janvier, à masquer le sentiment de triomphe qui les a envahis à la lecture du rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). D’abord parce que le document crédibilise selon eux les thèses qu’ils défendent depuis des années.  » C’est tout de même étonnant de lire le rapport de l’ASN, et de constater que pas une seule centrale n’en sort indemne. C’est exactement ce que nous tentons de faire comprendre à la population : il n’y a pas de nucléaire sûr, il n’y a que des centrales moins vulnérables que d’autres », analyse Denis Baupin, spécialiste du dossier à Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui estime que le rapport « a fait tomber un tabou ».

Autre victoire importante aux yeux des écologistes, l’ouverture de discussions sur les aspects économiques de la filière. « Il a été impossible de débattre dans ce pays du coût du nucléaire parce qu’on nous décrétait que le kilowattheure était extrêmement bon marché, mais sans jamais prendre en compte l’ensemble des coûts. Maintenant, on va le faire, et on va avoir de sérieuses surprises », rappelle Michèle Rivasi, eurodéputée EELV.

« Chemin parcouru »

Enfin, le mouvement écologiste se félicite de voir que l’ASN intègre désormais dans son raisonnement la possibilité d’avoir un accident de type Fukushima sur le territoire français. « Quand on lit les déclarations du président de l’ASN, parlant de « choc intellectuel » après Fukushima, on mesure le chemin parcouru. Les autorités chargées de contrôler le nucléaire ont toujours adopté des raisonnements de type probabiliste. En clair, quand un événement avait peu de chances de se produire, on ne prenait pas en compte sur le plan de la sécurité l’éventualité de son avènement. Cette page est tournée », se félicite Mme Rivasi.

« Soumis au double prisme de sa sécurité pour la population, et de son coût réel pour les finances publiques, le dogme nucléaire va s’effondrer », prédit l’eurodéputé Yannick Jadot.

La candidate à l’élection présidentielle, Eva Joly, compte bien, dans sa campagne, rappeler que les écologistes, souvent accusés de prôner « le retour à la bougie », sont plus que jamais fondés à plaider pour une transition énergétique. Elle pourrait à nouveau demander, jeudi 5 janvier, lors de ses voeux à la presse, la fermeture rapide des centrales les plus vulnérables. Parmi elles, celles de Fessenheim, du Tricastin, du Blayais et de Nogent-sur-Seine.

La publication, fin janvier, du rapport de la Cour des Comptes sur le financement de la filière nucléaire en prenant en compte le retraitement des déchets – ce qui n’avait jamais été fait jusqu’à présent – est attendue.

Ce travail répond à une demande des organisations non gouvernementales (ONG) au président de la République après Fukushima. A titre d’exemple, la remise à niveau de Fessenheim coûterait, selon les écologistes, de 300 à 400 millions d’euros par réacteur, soit un total de 600 à 800 millions d’euros. Mme Rivasi, membre de l’équipe de campagne d’Eva Joly, qui a eu connaissance de certains éléments du rapport de la Cour, annonce que les travaux de ses magistrats « vont tout à fait dans ce sens ».

Anne-Sophie Mercier

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