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Le retour des farines animales : une menace pour notre santé

19 Fév 2013

Communiqués, Medias

Le 14 février dernier, la Commission européenne a annoncé le retour des farines animales dans l’alimentation des poissons d’élevage dès le 1er juin prochain. Une première étape avant la réintroduction des farines dans les élevages de porcs et de volailles, contestée par Michèle Rivasi, députée européenne Vice-présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen.

« Alors que nous découvrons jour après jour l’ampleur du scandale de la viande de cheval à la place du boeuf dans nos plats préparés, comment peut-on imaginer que les consommateurs vont accepter avec sérénité l’idée de manger du poisson nourri aux farines animales? Quelle garantie avons-nous que ces farines seront bien identifiées (traçabilité garantie) et le cannibalisme évité lorsque l’on donnera de telles farines aux porcs et aux volailles? Les erreurs et les fraudes tout au long de la filière sont possible, comme on peut le constater aujourd’hui, et l’autocontrôle par l’industrie agroalimentaire est tout sauf convaincant et fiable. Seuls les tests ADN permettent d’identifier l’origine des animaux réduits en farines, ce qui beaucoup est trop coûteux à faire régulièrement ».

La députée européenne souligne l’importance des risques sanitaires associés à l’utilisation des farines animales : « Quand on sait que pour fabriquer des farines animales les industriels ont recours à des carcasses provenant de l’élevage intensif, il est évident que ces restes contiennent des antibiotiques donnés aux animaux en prévention pour éviter les épidémies, ainsi que d’autres médicaments pour la croissance. C’est le cas des farines animales à base de plumes de volaille qui contiennent différentes sortes d’antibiotiques et médicaments, même après stérilisation. Comme l’a bien montrée une étude américaine publiée en avril 2012 (1), sur 12 farines commerciales analysées, toutes présentaient de 2 à 10 antibiotiques différents, dont des sulfonamides, des macrolides et des fluoroquinolones, à des niveaux suffisants pour bloquer la réplication bactérienne. A force d’ingurgiter des antibiotiques, on devient résistant. Aux Etats-Unis, les infections résistantes aux antibiotiques tuent plus que le Sida (2), on ne peut donc pas prendre le risque d’accentuer ce phénomène en se nourrissant de poisson gavé de farines aux antibiotiques, nous devons refuser cette absurdité ! »

(1) Etude publiée Environmental Science & Technology par David Love, de l’Université Johns Hopkins de Baltimore (Maryland) :
(2) Chaque année, rien que dans l’Union européenne, un nombre estimé de 25 000 patients décèdent à la suite d’une infection bactérienne grave et résistante d’origine nosocomiale, selon l’OMS

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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