A A

L’Agence Internationale de l’Energie, un puissant lobby au service des gaz de schiste

31 Mai 2012

Communiqués, Medias

L’Agence internationale de l’Energie (AIE) a publié mardi 29 mai un rapport (1) proposant une série de «règles d’or» destinées à doper l’exploitation des gisements de gaz de schiste. Alors que la Bulgarie, la France, la République tchèque, le Royaume-Uni et la Roumanie ont mis les gaz de schiste sur la touche, l’AIE est convaincue que l’Union Européenne doit favoriser le développement de cette énergie controversée.

Ainsi, Fatih Birol (Chief Economist de l’AIE) est venu présenter ce rapport au Parlement européen le 30 mai, où deux rapports d’initiative sur les gaz de schiste sont actuellement au centre de débats animés.

Pour Michèle RIVASI, vice-présidente du Groupe des Verts-ALE au Parlement européen, l’AIE joue le jeu des industriels: « Seuls les grands groupes de l’énergie ont intérêt à ce que la demande en énergie continue de croître, personne d’autre. Face aux défis climatiques, à la raréfaction des énergies fossiles et à la crise économique, il est préférable de réduire notre facture énergétique (2) pour mettre en place une société sobre en carbone et en énergie. Pourtant, l’AIE s’entête à réaliser des scénarios considérant que la consommation d’énergie ne peut que croître et que pour lutter contre le charbon sale, il n’y a que le gaz de schiste propre. »

« Rendez-vous compte que Fatih Birol, qui est pourtant un grand économiste, a osé avancer que le développement des gaz de schiste permettrait une réduction des prix du gaz, ce qui selon lui aiderait tant au développement…des énergies renouvelables qu’à l’investissement dans l’efficacité énergétique! Un mensonge éhonté au service d’un argumentaire irresponsable: tout le monde sait que seule la crise pétrolière de 1973 et l’augmentation des prix de l’énergie a permis la réalisation des premiers programmes d’économie d’énergie ».

« Ce qui est incroyable, c’est le changement de posture des industriels et des Etats favorables aux gaz de schiste. Il y a un an, ils soutenaient mordicus que les risques liés à l’exploitation des gaz de schiste étaient des fantasmes et que le documentaire de ‘Gasland’ n’était qu’un tissu de mensonges, sans jamais apporter d’autres preuves que l’absence d’études sérieuses. Aujourd’hui, ces mêmes promoteurs reconnaissent que les risques existent mais qu’ils sont contournables si l’on fait les choses sérieusement. Comment croire ceux qui nous ont menti? Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent… ».

(1) Le rapport « Golden Rules for a Golden Age of Gas » est disponible en ligne: http://www.worldenergyoutlook.org/media/weowebsite/2012/goldenrules/WEO2012_GoldenRulesReport.pdf

(2) En 2011, la facture énergétique de la France s’élèvait à 61,4 milliards d’euros, soit l’équivalent de 90% du déficit de la balance commerciale française.

Articles similaires :

Tags: , , ,

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives