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La fin des cigarettes mentholées et slims en Europe (Euronews)

19 Déc 2012

Medias, Revue de presse

Fumer tue… les paquets de cigarettes le disent déjà noir sur blanc mais la Commission européenne estime que le message doit encore être renforcé ; en Europe 700 000 personnes meurent chaque année du tabagisme, elle prévoit donc de modifier la loi actuelle sur trois points : mentholées et autres cigarettes parfumées seront proscrites ; les slims, également, plus d’un tiers du marché polonais et bulgare, et 75% du paquet sera recouvert de campagnes de sensibilisation.

Michèle Rivasi, député européenne, Verts : “Ce n’est pas toujours pas le paquet neutre tel qu il est fait en Australie, ce que je reproche c’est que la Commission dit que c’est à chaque membre d’aller plus loin. Mais non, il aurait fallu harmoniser au niveau de l’Europe”.

British American Tobacco, le deuxième plus grand en Europe derrière Philippe Morris, ne se laissera pas faire sans un combat… en justice, s’il le faut.

Ulf Bauer, British American Tobacco : “Pour moi c’est scandaleux, car ce n’est plus un simple avertissement de santé publique, ça enlève la marque, ça enlève la propriété intellectuelle des entreprises. Je n’exclue pas qu’on aille en justice sur le 75%”.

La modification de la loi sur le tabac a une autre fonction, celle de vite apaiser les esprits suite au scandale qui a poussé l’ancien commissaire Santé, John Dalli, à démissionner, accusé de corruption par un fabricant de tabac suédois. Plusieurs ONG déplorent le manque de transparence.

Olivier Hoedeman, Corporate Europe Observatory :
“Je pense qu’un des exemples les plus marquants, explique ce membre de l’ONG Corporate Europe Observatory, est une rencontre qui a eu lieu en juin cette année entre un lobbyiste d’un cabinet d’avocats – Pappas et Associés- accompagné d’un lobbyiste de l’industrie du tabac, les deux ont rencontré un membre du cabinet de Barroso, lui-même… et cette rencontre n’est mentionnée nulle part.”

Le nouveau commissaire à la Santé Tonio Borg entend donc vite tourner la page de cette affaire… en œuvrant pour la santé du peuple européen. Les modifications devraient prendre effet d’ici trois ans.

Euronews a interviewé Tonio Borg, le commissaire de la direction générale de la Santé et des consommateurs de la Commission européenne.

Euronews : Bienvenue sur Euronews Monsieur Tonio Borg, vous êtes le nouveau commissaire à la Santé et à la politique des consommateurs. Merci d’avoir accepté notre invitation. Monsieur le Commissaire, est-ce qu’il y aura des conséquences sur la santé de la modification de la loi sur le tabac ?

Tonio Borg : Quand la directive sera appliquée, cela entrainera une baisse dans la proportion de fumeurs dans l’Union européenne. Notre objectif est une réduction de 2% sur les 5 années à venir.
Nous atteindrons ce résultat avec de nouvelles règles : en interdisant par exemple les arômes.

Euronews : Pensez-vous vraiment que les gens vont arrêter de fumer avec cette interdiction des cigarettes mentholées ?

Tonio Borg : Sur un certain nombre d’années, oui il y a des études qui montrent que les arômes participent effectivement à rendre les cigarette plus attrayantes. Nous nne voulons pas interdire tous les arômes mais seulement ceux qui sont caractéristiques, c’est à dire ceux qui sont assez forts pour permettre d’identifier une cigarette.

Euronews : 75% des paquets de cigarettes arboreront des mise en garde sur la santé avec des slogans et des photos. Mais pourquoi n’optez-vous pas pour un choix plus clair, comme en Australie, avec des paquets neutres ?

Tonio Borg : Nous améliorons continuellement nos règlements – avant, les images de mise en garde n‘étaient pas obligatoires, maintenant elles le seront. Donc il y aura encore plus d’avertissements picturaux et bien sûr, la surface couverte représente 75% des deux côtés.

Euronews : Mais vous n’avez pas vraiment fait un choix tranché, vous n‘êtes pas vraiment pour les paquets neutres, sans marque, et pas vraiment contre non plus.

Tonio Borg : Je pense que ce vers quoi nous allons est quelque chose comme cela… et cela va faire augmenter le nombre de fumeurs qui décideront d’arrêter de fumer et de personnes qui auraient pu commencer mais ne le feront pas.
Il y a un grand nombre d‘études qui montrent que le plus d’avertissements picturaux il y a, le plus cela ressemble à une boîte de cigarettes et non à un parfum, le moins attractif cela devient pour le consommateur.

Euronews : Certaines ONG demandent plus de transparence, en particulier sur la manière dont les discussions ont été menées avec les lobbys, et surtout après le scandale qui a forcé M. Dalli, votre prédécesseur, à démissionner. Qu’allez-vous faire pour garantir plus de transparence pour les consommateurs, contre les pressions exercées par l’industrie du tabac.

Tonio Borg : Nous devons nous plier aux règles de la convention cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac, qui est claire sur le fait qu’il ne nous est pas interdit de rencontrer les actionnaires, mais que cela doit se faire de manière transparente et officielle.
Tous les entretiens que j’ai pu faire, que ce soit avec les ministres suédois ou quelqu’un d’autre, ont été menés de manière officielle, avec un compte-rendu officiel qui a été tenu.

Euronews : Certaines ONG qui travaillent pour plus de transparence dans les institutions européennes, comme Corporate Europe Observatory ont parlé de réunions secrètes entre l’industrie du tabac et des fonctionnaires européens. Après ce scandale, qui a causé la démission de M. Dalli, allez-vous opérer des changements au sein de votre équipe pour garantir plus de transparence ?

Tonio Borg : Il ne semble pas qu’il y ait eu de scandale révélé au sein de la direction générale Santé de la Commission. Il n’y a pas eu de rencontres non-officielles entre la DG et l’industrie du tabac.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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