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La députée européenne Michèle Rivasi indésirable à la « fête de famille » d’Iter (Marsactu)

17 Jan 2013

Medias, Revue de presse

Pour inaugurer son siège social ce midi, Iter Organisation préférait rester entre « amis » du projet de réacteur expérimental. C’est ce que s’est vue répondre la députée européenne Europe Ecologie-Les Verts Michèle Rivasi, qui avait demandé à participer à l’événement.

Le commissaire européen à l’énergie Günther Oettinger, la ministre de la Recherche Geneviève Fioraso, le président du conseil régional Michel Vauzelle, le député des Alpes de Haute-Provence Gilbert Sauvan et bien sûr Osamu Motojima, directeur général d’Iter Organisation : tous étaient présents à l’inauguration du siège social de l’entité qui pilote le projet de réacteur de fusion nucléaire. Le nucléaire est une grande famille, mais une condition était toutefois nécessaire pour assister à l’événement : faire partie des partisans de ce projet à 16 milliards d’euros. Ce n’est un secret pour personne : la députée européenne du Sud-Est Michèle Rivasi (Europe Ecologie-Les Verts) n’en fait pas partie.

Au lieu de choisir la voie classique de la manifestation – un rassemblement était organisé à Cadarache dans la matinée par son parti, Greenpeace et le réseau Sortir du nucléaire – elle a souhaité participer également à l’événement officiel, en sa qualité d’élue européenne et donc de principal financeur du projet. Iter Organisation accepte d’ailleurs dans un premier temps au vu de « son statut dans les institutions européennes », avant de se raviser après avoir réalisé sa position sur le fond. Voici la réponse reçue par son attachée parlementaire, dans un courriel dont Marsactu a eu copie :

« Ma hiérarchie souhaite que l’inauguration de jeudi prochain soit simplement une célébration enthousiaste des progrès réalisés par ITER (construction, autorisation de création donnée par le gouvernement, etc.), rassemblant les amis du projet. Dans ce sens, il m’a été demandé de ne pas inviter Mme Rivasi ».

Contactée, la direction assume sur le fond : « Nous souhaitions que ce soit une célébration, une fête de famille. Ce n’était pas le lieu pour mettre le projet en débat. Nous y sommes ouverts, mais il y a d’autres moments pour discuter du projet. Notre directeur général a invité Michèle Rivasi à visiter notre site et à le rencontrer personnellement ». Cadarache et des institutions, c’est déjà du connu, nous rétorque l’élue, « choquée qu’Iter n’ait pas droit à un débat démocratique. Ils ont peur de quoi ? »

En même temps, c’est peu courant de voir des élus venir à une tribune critiquer les rubans qu’ils coupent… « Je n’y allais pas pour déclencher un débat lors de l’inauguration, ça je l’aurais fait à l’extérieur, mais pour rencontrer les interlocuteurs et voir le discours qui était tenu, assure-t-elle. Ma question, c’est « qu’est-ce qu’on inaugure » car à part le siège administratif, le design du réacteur n’est pas fini et le budget 2014-2020 n’est pas bouclé. J’ai plus l’impression que c’est un biais pour réunir et rassurer les donateurs… »

Par Julien Vinzent, le 17 janvier 2013

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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