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La Croix : « L’Europe s’interroge sur la sécurité des plates-formes en mer du Nord »

Un moratoire sur la réalisation de nouveaux forages va être proposé ainsi que la mise en place d’un contrôle européen de la sécurité sur les plates-formes.

L’ampleur de la catastrophe occasionnée par l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon pose des questions sur l’exploitation des champs pétrolifères en mer du Nord. Vingt-sept puits en eau profonde y pompent actuellement du brut à plus de 180 m de fond.

Parmi eux, cinq sont exploités par BP, un seul par le français Total et 21 par le groupe norvégien Statoil. Les conditions d’exploitation y sont moins périlleuses que dans le golfe du Mexique. La plate-forme Deepwater Horizon opérait à 1 670 m sous le niveau de la mer, alors que les forages en mer du Nord ont lieu entre 100 et 200 m de profondeur.

Mais d’après l’eurodéputée française Michèle Rivasi, « il existe un risque, qui n’est pas assez pris en considération ». La députée écologiste va proposer mardi prochain à la commission environnement du Parlement européen la création d’un moratoire sur la réalisation de nouveaux forages et la mise en place d’un contrôle européen de la sécurité sur les plates-formes.

Ce contrôle, assuré par les États, est parfois jugé défaillant. La Grande-Bretagne, qui vient de décider de doubler ses inspections après la catastrophe américaine, ne comptait jusqu’ici que cinq contrôleurs pour 200 installations offshore. « Contrairement aux centrales nucléaires ou aux industries dangereuses, aucune étude de risque n’est imposée aux constructeurs de plates-formes », s’indigne Michèle Rivasi.

À la demande du commissaire à l’énergie Günther Oettinger le 11 mai dernier, les exploitants s’étaient bien engagés à remplir un questionnaire sur la sécurité sur les plates-formes. Mais uniquement sur la base du volontariat.

L’ONG Food and water watch, à l’origine des révélations sur l’insuffisance de mesures sur une autre plate-forme géante gérée par BP dans le golfe du Mexique, pousse aussi à la création d’un moratoire. « Les forages sont moins profonds qu’aux États-Unis.
 
Contrôle des États jugé parfois défaillant
Mais le climat et les courants sont beaucoup plus rigoureux en mer du Nord que dans le golfe du Mexique », indique Gabriella Zanzanaini, la présidente de la branche européenne de l’ONG à Bruxelles.

Les gisements exploités actuellement se tarissant, les nouveaux forages sont de plus en plus profonds et ont lieu de plus en plus au nord, dans des régions proches du cercle polaire où un éventuel nettoyage des côtes serait très complexe.

« Si les réponses données à la commission environnement ne sont pas satisfaisantes, nous poserons des questions en séance plénière dès juillet », prévoit déjà l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi.

Paru dans la Croix du 17 juin 2010

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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