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JO 2020 à Tokyo – Oubliez Fukushima: place au divertissement pour faire diversion

09 Sep 2013

Communiqués, Medias

Les bonnes vieilles recettes ne changent pas: pour détourner l’opinion publique d’enjeux importants et de long terme, l’Empire romain employait déjà le cirque comme arme de diversion massive.

L’État japonais a décidé de séduire le Comité International Olympique (CIO) pour entraîner le pays entier dans une liesse d’insouciance. Une posture qui fait grincer des dents Michèle RIVASI, députée européenne EELV:

« La semaine dernière le gouvernement japonais et Tepco ont entamé une danse du ventre assez invraisemblable. Pendant que Tepco se livrait à un exercice de communication plus que choquant concernant la situation ‘contrôlée’ à Fukushima, le gouvernement japonais débloquait (enfin!) 360 millions d’euros pour tenter d’endiguer la fuite quotidienne de 300 tonnes d’eau extrêmement contaminée dans l’océan Pacifique. Dans le même temps, les officiels japonais s’employaient à convaincre le conclave du CIO que le risque nucléaire était maîtrisé. Tous ces évènements ne seraient que pure coïncidence, un hasard fortuit comme le disent les officiels japonais? Comment ne pas s’offusquer d’une telle mascarade? Personne, car la bienséance veut que l’on laisse les Japonais sortir de cette crise coûte que coûte ».

« Alors que la situation est intenable à Fukushima et que l’État japonais se refuse toujours à laisser la communauté internationale intervenir pour la sécurité mondiale, le gouvernement annonce la création d’un fonds spécial de 4,5 milliards d’euros pour les JO. Pendant ce temps, Tepco tente de réparer avec des bouts de ficelle et sous-investit dans la sécurité du site de Fukushima. Nous ne savons même pas quelle sera la situation là-bas en 2020, alors comment peut-on accepter de la laisser traîner ainsi? »

« Les retombées radioactives de Fukushima continuent et les Japonais sont obligés de mesurer eux-mêmes la radioactivité de leurs aliments s’ils veulent s’assurer de manger sainement. Comment vont faire les athlètes sur place? Accepteront-ils de se mettre à la diète radioactive? Les délégations nationales feront-elles confiance à un gouvernement qui n’a jusqu’ici pas protégé correctement sa population? ».

« Si cette décision d’attribuer les Jeux Olympiques à Tokyo est irrévocable, alors profitons-en pour clarifier la situation à Fukushima. C’est pourquoi je demande à l’ensemble des membres du CIO, ainsi qu’au président de la Commission européenne et du Parlement européen, de faire pression sur le gouvernement japonais afin qu’une délégation internationale d’experts et d’élus soit dépêchée à Fukushima afin d’aider à la compréhension de la situation, des problèmes afférents et des solutions à y apporter. Je vais d’ailleurs lancer une initiative allant dans ce sens cette semaine: sans poser de telles conditions préalables, nous serions tous complices d’une situation politique inacceptable. Il n’y a pas qu’une crise nucléaire au Japon, il y a une crise politique, une volonté d’étouffer toute contestation contre la reprise du programme nucléaire ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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