A A

Incident à Fessenheim : les média allemands mieux informés que les média français ?

04 Mar 2016

Communiqués, Medias

L’omerta sur le nucléaire français a souvent été considérée comme un fantasme d’écologiste pour les pro-nucléaires en France. Il semble malheureusement que la vérité soit tout autre selon une enquête de la Süddeutsche Zeitung et du WDR (West Deutscher Rundfunk) qui évoque une série de défaillances techniques graves et une minimisation d’un incident intervenu en Avril 2014 à la centrale de Fessenheim. Une révélation qui intervient alors même que le Président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire française rappelait hier dans un entretien à Libération qu’un accident majeur de type Fukushima en Europe n’est pas à exclure.

Réaction de Michèle RIVASI, eurodéputée écologiste : « Cette révélation m’inquiète énormément car j’ai toujours eu une certaine confiance dans l’indépendance de l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Apprendre par la presse allemande qu’un incident grave a été minimisé par celle-ci devrait secouer la classe politique et l’opinion publique française.

La procédure d’urgence qui aurait été enclenchée démontre bien que la situation a été hors de contrôle pendant un court moment. Alors qu’une inondation aurait empêché le fonctionnement normal d’un des systèmes de sécurité, le dysfonctionnement des barres de contrôle aurait empêché un refroidissement rapide de la cuve du réacteur. Du coup une procédure d’urgence inhabituelle a dû être déclenchée pour refroidir le cœur du réacteur et stopper la réaction nucléaire : on aurait injecté de l’acide borique dans le système de refroidissement ».

Et Michèle RIVASI de conclure : « Je demande à l’ASN toute la transparence dans cette affaire et exige des explications rigoureuses quant à ces révélations. Une enquête des autorités européennes compétentes doit permettre de faire la lumière sur les évènements et reclasser éventuellement cet incident (classé niveau 1 sur l’échelle INES) qui a eu un impact sur la sûreté du réacteur. Jusqu’ici c’était les nuages radioactifs qui s’arrêtaient à la frontière française, désormais il est à craindre que l’information sur le nucléaire s’arrête à la porte des rédactions françaises. »

Articles similaires :

Tags: , , ,

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives