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Gaz de schiste: revenir sur la position française serait une grave erreur politique

12 Juil 2012

Communiqués, Medias

Dans un article du Monde d’aujourd’hui, Arnaud Montebourg tente de théoriser ce que sera le redressement productif dont il est en charge. La réforme du code minier figure en bonne place des chantiers auxquels il s’attaquera, une priorité que soutiennent évidemment les écologistes.

Mais cette réforme semble ne viser qu’un objectif: recouvrer la compétitivité de la France grâce à la reconquête de notre souveraineté énergétique. Et au bout de quelques lignes, ce que tout le monde redoutait apparaît de manière brute: pour M. Montebourg, la question de l’exploitation des gaz de schiste doit être posée.

Pour Michèle RIVASI, députée européenne EELV et co-rapporteure d’un rapport d’initiative du Parlement européen sur l’incidence environnementale des gaz de schiste (1), les déclarations d’Arnaud Montebourg sont inquiétantes: « François Hollande, durant la campagne des présidentielles, a pris de nombreux engagements et cela serait bien qu’il les tienne. Dans une réponse aux interrogations du ‘Collectif 07 Stop au gaz de schiste’ (2), il précisait en avril dernier que ‘pour la France, l’interdiction de l’exploitation des gaz et huiles de schistes est aujourd’hui indiscutable’. Le revirement serait bien rapide, ce serait une grave erreur politique. »

« A vrai dire, en février dernier, François Hollande tenait déjà un discours plus nuancé. Lors d’un entretien sur RTL il avait précisé: ‘il ne faut jamais rien écarter surtout si des recherches démontrent qu’on peut obtenir ce gaz sans nuire à la nature’. Et bien justement, rien n’est prouvé et la Commission européenne est d’ailleurs en train de réaliser ses propres études, tant sur l’impact sanitaire et environnemental de la fracturation hydraulique que sur le bilan carbone du gaz de schiste tout au long de son cycle de vie. Même s’il est urgent d’attendre ces résultats, il est d’autant plus nécessaire d’écouter la parole des Français qui vivent dans les zones potentielles d’exploration/exploitation des gaz de schiste, et qui refusent catégoriquement de voir le patrimoine français être sacrifié pour quelques gouttes de gaz. »

Et Michèle RIVASI de conclure: « Nous devons changer de logiciel énergétique, il ne faut pas foncer tête baissée vers des solutions de facilité à court terme et couper le cordon avec les énergies de la seconde révolution industrielle. Il faut entamer une troisième révolution industrielle avec un déploiement massif des énergies renouvelables décentralisées couplé à un chantier national sur l’efficacité énergétique. Les consommateurs doivent devenir producteurs pour ne plus dépendre des intérêts de multinationales peu soucieuses du bien-être collectif. Quand on prétend défendre l’avenir de la France et de sa jeunesse, quand on prétend incarner le changement, on ne peut décemment pas se permettre de mettre encore plus à mal le droit des nouvelles générations à vivre sans gaz à effet de serre ni nucléaire. »

(1) Voir: http://www.europarl.europa.eu/oeil/popups/ficheprocedure.do?lang=fr&reference=2011/2308%28INI%29

(2) Voir: http://www.bsavenir.fr/homepages/15/d310812895/sitebsavenir/wp-content/uploads/2012/04/aav-lettre-hollande.png

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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