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Gaz de Schiste : courrier à Nathalie Kosciusko Morizet et au Préfet de la Région Rhône Alpes

J’interpelle la ministre de l’Ecologie et le Préfet de la région Rhône Alpes pour leur demander d’organiser un grand débat national autour de la question des gaz de schiste.

En accord avec les principes du Grenelle de l’Environnement et de la Convention d’Aarhus, il serait temps de faire enfin de la concertation!

Je demande aussi, dans l’attente de ce débat, que les décrets du 1er Mars 2010 soient annulés.

Voici la lettre envoyée:

De très nombreux citoyens et élus de ma circonscription m’interpellent sur la question de l’exploration des sous-sols et de leur teneur en gaz de schiste. Je me permets donc de vous solliciter sur cette question.

Le 1er Mars 2010, M. Borloo a signé trois permis de recherche de mines hydrocarbures liquides ou gazeux aux sociétés Total France, associé à Devon Energie Montélimar SAS et GdF-Suez associé à Schuepbach Energy LLC. Il s’agit de la recherche de gaz non conventionnels, aussi appelés « gaz de schiste ».

Ainsi, une très grande surface du Sud de la Drôme et de l’Ardèche est concernée par ces permis.

Les élus des collectivités concernés ont été mal informés, et sont particulièrement soucieux des impacts environnementaux, sanitaires mais aussi économiques (tourisme, impact sur l’agriculture locale…) de ces forages. En tant que députée européenne, je réclame l’organisation d’un grand débat public national avant toute prospection ou exploration. Dans l’attente de l’organisation de ce débat national, je vous demande l’annulation des décrets pris le 1er Mars 2010.

Persuadée qu’une telle orientation de la politique énergétique va à l’encontre des engagements européens (directive sur la protection des eaux souterraines de 2006 et réduction de 20% des Gaz à effet de serre) et nationaux (Grenelle de l’environnement), je souhaiterais que des études indépendantes soient faites en parallèle concernant les impacts réels de ces forages et de ces prospections concernant l’air et l’eau. Est-ce que la fracturation hydraulique sera-t-elle utilisée s’il y a phase de prospection et d’exploration ?

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4 Responses to “Gaz de Schiste : courrier à Nathalie Kosciusko Morizet et au Préfet de la Région Rhône Alpes”

  1. POIGNANT Germain dit :

    En tant que médecin &adhérent de l’Association santé environnement France, je tiens à vous transmettre aussi le lien vers un rapport de l’association, qui met en évidence des pollutions provoquées par l’industrie des gaz de schiste. Ces pollutions sont évidemment nuisibles, tant pour l’environnement que pour la santé humaine.
    A l’heure de l’éveil des conscience pour l’environnement, l’épuisement des ressources non renouvelables, le bon sens nous indique que le meilleur choix pour ce XXIème siècle qui commence sont les énergies renouvelables, et nous des équivalents de l’énergie pétrolière.

  2. Thierry PAIN dit :

    Bonjour Michèle,

    il ne s’agit ni d’un débat ni d’un moratoire, mais d’un refus pur et simple. Compte tenu de l’ampleur des territoires concernés en France (et dans le monde), je risque de ne plus jamais passer mes fins de semaines ou mes congés en Seine-et-Marne, dans l’Essonne, en Ardèche, dans l’Aveyron, des lieux où je pratique depuis des decennies la botanique, la zoologie et la randonnée. Ce sera très bon pour mon empreinte carbone ! Je n’aurai plus qu’à regarder Hulot sur TF1, puisque je n’irai plus nulle part (dans les Alpes, peut-être). Déjà qu’il y a des tas d’aliments que je n’achète plus… J’ai bien conscience que mes soucis personnels s’inscrivent dans un tableau socialement catastrophique. Je suis prêt à me lancer dans une grève de la faim illimitée, en espérant faire aussi bien que Louis Lecoin, mais sans rejoindre Bobby Sands.
    Michèle, par pitié, cessez de faire confiance aux élus, et joignez-vous à la vraie population qui va massivement refuser toute prospection, en dépit du code minier !

    Voici ce que je viens d’écrire à une amie : « le syndrome de la ligne Maginot et de Paris nombril du monde n’est pas prêt de disparaître. Effectivement, la technique sera propre, comme le terrain : il y aura juste à aspirer la poussière, dès fois que des graines aient échappé au nettoyage ! Plus de pollen, donc plus d’allergies ! Plus d’abeilles, donc plus d’accidents par piqûres. Plus d’endroit où la canaille ira passer des vacances : on pourra supprimer les congés payés, source de tant de pollution automobile ! L’eau polluée – s’il reste de l’eau – enverra plus rapidement au ciel tous ces retraités profiteurs qui enlaidissent le paysage avec leurs rides et leurs varices, si bien que les caisses seront à nouveau excédentaires et pourront mieux remplir leur fonction : financer la répression – je veux dire « l’ordre ».

    Par avance merci de rompre tout dialogue avec Kosciuzko-Moriset. Prenons exemple sur les Tunisiens !

    Très cordialement

    Thierry PAIN (adhérent de la CRIIRAD depuis 1986, membre des Enfants de Tchernobyl Belarus, Cartographe et défenseur des Orchidées de l’Essonne et de l’Ardèche)

  3. VACHAUD Georges dit :

    Attention à un impact environnemental majeur ! la fracturation hydraulique nécessite l’injection d’environ 150 millions de litres d’eau par puits, à raison d’une quinzaine de fracturations. Moins de la moitiè est récupérable, et nécessite des traitements lourds pour éliminer les adjuvants et métaux lourds avant réutilisation, le reste se dissipant dans les fractures avec risque de contamination des nappes phréatiques, comme cela est clairement observé sur les exploitations canadiennes et américaines. Tout ceci est il compatible avec les besoins en eau résultant de l’agriculture et du développement démographique caractérisant le Sud Est, sans parler des craintes concernant les impacts liés au climat sur les ressources en eau? Je suis à votre entière disposition pour participer à tout débat concernant les méthodes utilisées et les risques induits, cordialement
    Georges Vachaud, Directeur de recherches émérite, CNRS
    Ancien Président du Comité Scientifique du BRGM
    Ancien Président de European Geophysical Society

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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