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Fusion nucléaire – Financement d’ITER: quand on aime les grands projets inutiles et imposés, on ne compte pas

19 Nov 2013

Communiqués, Medias

Aujourd’hui, le Parlement européen a voté le budget du financement communautaire d’ITER, le projet international de recherche dans le domaine de la fusion nucléaire, basé à Cadarache en région PACA. Le budget initial était de 4.6 milliards d’euros, il a dérapé et triplé pour atteindre les 15 milliards d’euros, supporté par l’ensemble de ses membres (1).

Pour Michèle RIVASI, eurodéputée EELV vice-Présidente du Groupe des Verts-ALE et co-rapporteure sur le financement d’ITER, la fuite en avant continue: « Cela fait longtemps maintenant que le projet ITER est discuté, et il est toujours autant contesté, notamment par la communauté scientifique dont trois éminents Prix Nobel de Physique: Pierre Gilles de Gennes, Masatoshi Koshiba et Georges Charpak. Mais les députés européens ont semble-t-il plus besoin de rêver que d’apporter des solutions concrètes à l’Europe de l’énergie: preuve en est, il n’y a jamais eu de débat scientifique contradictoire au sujet d’ITER dans les institutions européennes, et ce n’est pas faute d’avoir essayé de l’impulser ».

« ITER n’est qu’un projet de recherche, qui vise à démontrer que le réacteur peut générer plus d’énergie qu’il n’en consomme, ce qui n’a jamais été réalisé en 50 années de recherche. Si les tests sont concluants, on prévoit de construire d’ici à 2050 un réacteur expérimental d’une puissance équivalente à un réacteur commercial, et si ce projet fonctionne les scientifiques espèrent commercialiser la fusion nucléaire d’ici 2100. Mais voilà, il n’y a que des ‘si’ et aucune certitude quant à la capacité de maîtriser le plasma en fusion, censé léviter grâce à un champ électromagnétique. Là est tout l’enjeu: le plasma ne doit surtout pas toucher les parois du réacteur, car la moindre disruption entraînerait un incident ou même un accident, selon sa gravité…alors même que le site ne bénéficie d’aucune assurance aux dernières nouvelles ».

« Finalement ITER est un éléphant blanc dont raffolent les politiques en manque d’imagination: ils cèdent à une communauté scientifique – évidemment intéressée par le financement de ses recherches, que cela fonctionne ou non – les pleins pouvoirs et croisent les doigts. Il n’y a donc évidemment pas de remise en question dans la communauté scientifique intéressée par la fusion nucléaire: les crédits accordés appellent les crédits supplémentaires, et ainsi de suite. Ironie du sort, aucun des eurodéputés qui ont voté ce budget aujourd’hui ne pourra constater que la fusion est une technologie fiable. Bref, c’est un joli gaspillage d’argent public car on ne sait tout bonnement de quoi sera fait le monde en 2050 et encore moins en 2100. Il suffit qu’un partenaire d’ITER quitte le projet pour qu’il capote, et c’est bien la probabilité la plus forte entourant ce projet. Halte à la gabegie, cessons de financer ITER! ».

(1) Le projet ITER est financé par 35 pays: ceux de l’Union européenne mais aussi l’Inde, le Japon, la Chine, la Russie, la Corée du Sud et les États-Unis. L’UE assume à elle seule 45% du budget total, et la France – pour pouvoir bénéficier de l’implantation d’ITER à Cadarache – contribue à hauteur de 20% du budget européen. Bref, sur les 15 milliards d’euros déboursés, la France va en aligner 1.35 milliards.

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2 Responses to “Fusion nucléaire – Financement d’ITER: quand on aime les grands projets inutiles et imposés, on ne compte pas”

  1. allo dit :

    Il faudrait plutôt investir encore plus et encore mieux, en imposant une rigueur et des objectifs précis. On ne sait pas de quoi est fait 2050, mais c’est à nous d’en decider banane. Si tu préfère attendre qu’un réacteur nucléaire belge nous pète a la gueule et que les gosses naissent avec 5 testicules, pendant que le C.E.R.N coûte 100 milliard par ans pour que dalle, alors c’est ce qui arrivera.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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