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Fukushima: la ville de Paris participe à la dédiabolisation du nucléaire et à la banalisation de son risque

29 Jan 2014

Communiqués, Medias

Dans le but annoncé de soutenir les sinistré(e)s de la région de Fukushima, de faire connaître les produits locaux aux Parisien(ne)s et de les sensibiliser à la situation d’une région qui reste à rebâtir, la Ville de Paris a accueilli – en partenariat avec la préfecture de Fukushima – le 27 janvier un événement de présentation des arts traditionnels de la région de Fukushima. Les invité(e)s ont ainsi pu déguster des produits locaux, notamment du saké, du riz, des légumes et même des produits de la mer…qui avaient évidemment subi de stricts contrôles de radioactivité.

Cette opération de communication est aussi regrettable que condamnable, car elle participe au processus de dédiabolisation du nucléaire et de banalisation de ses risques, alors même que la situation à Fukushima reste incontrôlable.

Christophe NAJDOVSKI, candidat EELV à la Mairie de Paris, regrette l’organisation d’un tel évènement: « En tant qu’écologiste, je regrette que la ville de Paris cautionne un tel type d’évènement, car il participe au mensonge ambiant sur les conséquences désastreuses et permanentes de la catastrophe de Fukushima sur l’environnement et la santé des riverains. Les Japonais(es) sont obligés de faire contrôler la radioactivité des aliments par des organismes indépendants, car ils ne peuvent plus faire confiance à l’État qui a menti pour couvrir l’entreprise Tepco. Au nom d’EELV, je tiens à excuser ce genre d’évènement qui est une insulte à l’angoisse que vivent des millions de Japonaises et Japonais au quotidien ».

Michèle RIVASI, députée européenne EELV et fondatrice de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité), condamne ce dérapage qui est bien plus politique qu’il n’en a l’air: « Alors que le Japon se moque de manière éhontée de la communauté internationale dans la gestion de crise de Fukushima et la transparence de l’information, un tel évènement est une provocation intolérable. On retrouve ici les mêmes pratiques de désinformation qu’au moment de Tchernobyl où des responsables du nucléaire buvaient du lait contaminé devant les caméras pour « prouver » son innocuité. Pour autant, aucun retour à la normale n’a eu lieu dans les régions sinistrées de Tchernobyl ou de Fukushima. J’ai honte que la mairie de Paris se soit pliée à cet exercice d’un cynisme sans égal ».

Et les deux écologistes de conclure: « Que l’on ne se méprenne pas, nous sommes de tout cœur avec les Japonais(es) dans les souffrances et l’isolement qu’elles et ils endurent. Mais ce n’est pas leur rendre service que de contribuer au déni collectif de la gravité de la situation des personnes vivant en terres contaminées. C’est d’ailleurs pour rétablir la vérité sur la situation sur place que nous accueillerons Naoto Matsumura, le dernier homme de Fukushima (1), à Paris le 6 mars prochain ».

(1) http://www.ledernierhommedefukushimaafessenheim.com/

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