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Fukushima, 2 ans après: la sortie du nucléaire est un choix qui s’impose, en France comme ailleurs

11 Mar 2013

Communiqués, Medias

Alors que nous célébrons aujourd’hui le deuxième anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima, un rapport confidentiel de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) a levé le voile sur le coût d’une catastrophe en France: le coût d’un accident majeur pourrait aller de 760 milliards d’euros à 5 800 milliards d’euros.

Pour Michèle RIVASI, eurodéputée spécialiste du nucléaire et fondatrice de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), les révélations du rapport confidentiel de l’IRSN ne sont pas une surprise: « Ces révélations ne font que mettre des chiffres incommensurables sur un risque ineffable: celui de la disparition potentielle d’un Etat acculé à la faillite par l’endettement radioactif. Ce n’est pas de l’alarmisme, c’est une réalité que l’histoire a démontré: l’accident qui arrive c’est celui auquel on n’avait pas pensé. Et personne ne peut imaginer ce qu’est une catastrophe nucléaire avant d’en avoir vécu une. Après une catastrophe classique, on dit en général que ‘le danger est passé’, mais avec le nucléaire le danger ne passe pas: il reste et s’insinue partout, même dans les rouages démocratiques. En effet, la principale conséquence d’un accident nucléaire est la déliquescence de l’Etat de droit, de la démocratie. C’est là le paradoxe suicidaire du nucléaire: on n’autorise que les démocraties solides à y avoir recours. Pourtant, là où le nucléaire passe, la démocratie trépasse ».

« Désormais, au Japon, la voix de la liberté est contrainte par l’omerta nucléaire. Preuve en est, le pays a chuté en une année de la 22ème à la 53ème place du classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse. Livrés à eux-mêmes, les Japonais sont dans le doute permanent et les générations s’affrontent: les aînés tentent de préserver tant bien que mal l’unité nationale en rappelant l’importance du sacrifice personnel, alors que les nouvelles générations veulent de la transparence et souhaitent protéger leurs enfants. Les jeunes résument d’ailleurs la situation ainsi: ‘A Hiroshima ce fut la colère, à Nagasaki la prière, et aujourd’hui à Fukushima, on exige notre silence’. Triste conséquence: la désinformation d’Etat a un effet démultiplicateur sur les risques sanitaires de la radioactivité, et certains scientifiques mandatés déclarent même que c’est la radiophobie qui affecte la santé des gens. Pour ne pas être un jour contraints par cette fatalité, pour que les mensonges de Tchernobyl ne se répètent, les Français doivent adresser un signal clair au monde politique ».

Pour Michèle RIVASI, la France doit se donner les moyens de ses ambitions énergétiques: « La mascarade politique française doit cesser et la sortie du nucléaire s’imposer. Il serait temps que les dirigeants politiques, de gauche comme de droite, prennent conscience des décisions qu’ils soutiennent: une politique énergétique sans risque zéro, mais avec une potentielle facture à douze zéros. En cautionnant un tel choix énergétique, ils jouent l’existence même de l’Etat français à la roulette russe. Nous avons aujourd’hui l’opportunité historique de fermer la parenthèse nucléaire ouverte au forceps par le Général de Gaulle. Cette fenêtre d’opportunité va se fermer aussitôt que nous relancerons de nouvelles centrales ou prolongeront leur durée de vie. Ce seront les choix pris lors du débat national sur la transition énergétique qui conditionneront l’avenir de notre pays, alors soyons audacieux et saisissons cette chance qui s’offre à nous ».

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