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Forages pétroliers: loin des yeux mais près du coeur des écologistes, la Guyane est un joyau à préserver

28 Juin 2012

Communiqués, Medias

Les eurodéputé-e-s Jean-Jacob Bicep (spécialiste de l’outremer), Sandrine Bélier (spécialiste de la biodiversité), Yannick Jadot (spécialiste de l’énergie) et Michèle Rivasi (co-rapporteur du futur règlement européen sur la sécurisation des activités pétrolières offshore) s’indignent du lancement de l’exploration pétrolière par Shell au large de la Guyane.

Pour eux, une seule réponse existe face à la question des forages en Guyane: un moratoire sur la prospection tant que les garanties environnementales, fiscales et sociales ne seront pas sérieusement prises en compte.

La législation française est totalement inadaptée aux nouveaux enjeux de l’extraction offshore, notre pays n’ayant jamais exploité de ressources fossiles en grande profondeur dans ses eaux territoriales. Tant que le nouveau règlement européen sur la sécurisation des activités pétrolières offshore n’aura pas été voté, et tant que le code minier français n’aura pas été réformé, nous n’aurons pas de garanties suffisantes de la part des opérateurs pétroliers. Pire, les royalties que la France sera censée obtenir seront bien inférieures à celles que reçoivent d’autres pays en pointe dans les forages offshore, tels que la Norvège. Et ce alors même que les enjeux de développement local en Guyane sont importants pour ce territoire délaissé par la République française, pourtant une et indivisible.

Aujourd’hui, de nombreux enjeux font défaut dans la législation, le premier étant l’absence d’études d’impact environnementales préalables: il est impensable de forer sans anticiper les risques potentiels. Par ailleurs, il faut pouvoir s’assurer que Shell optera pour les standards de sécurité les plus contraignants. Enfin, les compagnies prenant de tels risques doivent prévoir des plans de gestion de crise, pour minimiser l’impact d’une catastrophe environnementale et garantir la sécurité physique des travailleurs de la plateforme. Il est aussi regrettable que la phase d’exploration débute en pleine période de migration des cétacés: les études sismiques réalisées émettent des ondes extrêmement puissantes dans un rayon de 100 kilomètres qui bouleverseront l’orientation des mammifères marins.

Pour toutes ces raisons, les élu-e-s EELV soutiennent les associations locales dans leur volonté d’attaquer au contentieux les arrêtés préfectoraux délivrés, puisqu’il semble qu’ils contreviennent au Code de l’Environnement, notamment l’utilisation d’un procédé de forage polluant à base de boues et d’huiles de synthèse…dans une zone aussi riche de sa biodiversité que sensible aux altérations des écosystèmes. Le moindre rejet risque d’affecter durablement un patrimoine naturel remarquable, le plus riche de France. Ce capital là a une valeur qui dépasse largement les intérêts financiers.

Seuls les actionnaires de Shell sont pressés de faire des profits record, il n’y a aucune urgence à se ruer vers l’or noir guyanais. La précipitation est mère de tous les regrets, déplorent les élu-e-s écologistes.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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