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Fessenheim – Greenpeace a raison: le risque nucléaire est européen

18 Mar 2014

Communiqués, Medias

La nouvelle action de Greenpeace sur le site de la doyenne des centrales nucléaires françaises apporte une preuve flagrante de la menace posée par les centrales nucléaires vieillissantes en Europe.

Les eurodéputés Sandrine Bélier, Yannick Jadot et Michèle Rivasi apportent leur soutien aux militants écologistes dont une majorité a été interpelée et réclament des mesures d’urgence pour les centrales européennes les plus vieillissantes. A la veille du Conseil européen dédié à la politique climatique et énergétique européenne, leur réaction est catégorique :

« Cette action vient rappeler que le nucléaire sûr est une chimère. Greenpeace démontre une nouvelle fois que les centrales nucléaires françaises et européennes mettent en danger les populations. Les députés écologistes au Parlement européen ont régulièrement dénoncé l’insuffisance des stress tests réalisés après Fukushima et demandent que la sûreté nucléaire devienne une compétence européenne, intervenant en toute indépendance dans les pays membres. Depuis Tchernobyl, nous savons que la radioactivité ne connaît pas les frontières. La sûreté nucléaire et la sécurité des populations européennes ne doivent plus dépendre des intérêts industriels français et britanniques.

Tout comme Fessenheim, plus d’un tiers des centrales nucléaires européennes ont dépassé les trente ans d’activité et les opérateurs tels qu’EDF souhaitent étendre cette durée à 50 voire 60 ans, au mépris de la sûreté nucléaire et aggravant le risque potentiel d’accident majeur. Alors qu’EDF vante la sûreté de la centrale de Fessenheim, dont la faiblesse face aux risques sismiques et d’inondation n’est pourtant plus à prouver, cette action est un rappel nécessaire pour les citoyens comme les décideurs. A la lecture des derniers rapports de l’ASN et de l’IRSN, l’état des centrales en France est en effet très inquiétant.

Il est plus que jamais essentiel que François Hollande tienne sa promesse de fermer la centrale de Fessenheim en 2016, pour la sécurité des habitants de la région et de nos voisins européens.

Cette action citoyenne doit forcer les gouvernements à réfléchir sur leurs choix énergétiques. Choisiront-ils une énergie dépassée, chère et dangereuse ou s’engageront-ils dans une transition énergétique créatrice d’emplois et protectrice de l’environnement et de la santé ?

A quelques jours de la réunion des chefs d’États et de Gouvernement européens qui doit discuter de la future politique énergétique européenne, nous appelons les gouvernements européens à faire le choix d’une transition énergétique ambitieuse qui est la clé de la sécurité et de la prospérité de notre continent. L’Europe doit s’engager dans la voie d’une énergie sûre et décarbonée en se fixant un objectif de 45% d’énergies renouvelables et de 40% de réduction de sa consommation d’énergie pour 2030 ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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