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Fermeture de Fessenheim: EDF joue la montre et l’intox, le gouvernement doit réagir

07 Mai 2013

Communiqués, Medias

Michèle RIVASI, députée européenne EELV, a formellement rencontré hier Francis ROL-TANGUY, délégué interministériel à la fermeture de la centrale nucléaire et à la reconversion du site de Fessenheim.

Hasard du calendrier, le Journal du Dimanche (JDD) venait de nous apprendre qu’EDF comptait demander une compensation faramineuse (5 à 8 milliards d’euros) dans le cas où la fermeture de Fessenheim serait anticipée.

Suite à son entretien avec M. ROL-TANGUY, Michèle RIVASI s’indigne de l’attitude d’EDF: « Henri Proglio, directeur d’EDF, joue un rôle d’obstruction dans le processus actuel: il joue la montre pour empêcher que les engagements de François Hollande soient respectés. La loi de 2006 sur la transparence a donné tout pouvoir à EDF et l’ l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) concernant la fermeture des réacteurs, rendant impossible la fermeture rapide d’un réacteur sur décision politique. C’est pourtant ce qui avait eu lieu en 1997 lors de la fermeture de Super Phénix sous le gouvernement Jospin ».

« Pour autant, EDF peut très bien déjà travailler sur le plan de fermeture et le remettre en temps voulu, c’est à dire lorsque la loi découlant du Débat National sur la Transition Énergétique (DNTE) sera votée. Pour s’assurer que la fermeture sera effective en 2017, EDF doit monter un dossier précisant les modalités de fermeture. Ce dossier sera transmis à l’ASN qui déclenchera alors l’enquête publique validant la fermeture. Mais aujourd’hui, EDF n’a même pas répondu à la demande de calendrier de M. Chevet, directeur de l’ASN! ».

« EDF fait par ailleurs de l’intox en surévaluant les coûts compensatoires de la fermeture anticipée de Fessenheim: les chiffres avancés – 5 à 8 milliards selon le JDD – sont exorbitants et sans aucune justification valable. Premièrement, EDF part du principe que la centrale pourrait voir son extension de durée de vie dépasser les 10 ans, ce qui dépendra de la volonté de l’ASN et non celle d’EDF. Deuxièmement, la dernière visite décennale du réacteur 1 a eu lieu en 2009 et la prochaine aura donc lieu en 2019. Il est donc impossible de gager que Fessenheim puisse encore fonctionner jusqu’en 2022: le calcul doit donc être fait sur 7 ans et non 10! ».

Et Michèle RIVASI de conclure: « L’État est l’actionnaire majoritaire d’EDF, il a donc tous les moyens de mettre en œuvre ses ambitions. Aujourd’hui, plus que jamais, on voit bien que l’industrie nucléaire est un État dans l’État capable de bloquer les décisions prises au plus haut niveau. Je ne me lasserai jamais de le répéter, ce n’est pas aux industriels de décider de l’avenir énergétique du pays: le gouvernement doit faire preuve de fermeté pour mettre fin à l’arrogance du directeur d’EDF ».

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2 Responses to “Fermeture de Fessenheim: EDF joue la montre et l’intox, le gouvernement doit réagir”

  1. Dim dit :

    Il est bien normal que ces vieux complices d’autrefois, qui, lorsqu’il a s’agit de faire des économies d’échelle lors de l’essor du nucléaire en France, soient désormais copain comme cochon pour continuer ces petits arrangements entre amis au risque d’exposer des populations à un risque majeur. A Fukushima aussi on se sentait en sécurité!

  2. Cédric dit :

    Et à Fukushima, les substances radioactives se déversent dans la mer de manière inquiétante, sans que cela n’alerte nos politiques ni même la communauté internationale…

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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