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Evaluations complémentaires de sûreté: la transition énergétique ne doit plus attendre

29 Juin 2012

Communiqués, Medias

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a rendu publiques les 900 prescriptions que devront mettre en œuvre les exploitants nucléaires français d’ici 2018 pour renforcer la sûreté de leurs installations, à la lumière des premiers enseignements de Fukushima.

Alors qu’à la centrale de Fukushima, TEPCO vient d’annoncer des niveaux de radiations hors normes dans le réacteur 1 – plus de 10 000 millisieverts/heure, soit une dose suffisante pour mourir dans les heures qui suivent- les eurodéputés EELV s’étonnent des montants engagés dans la sécurisation d’un parc vieillissant.

Pour Michèle RIVASI, vice-président du groupe des Verts-ALE, le grand bluff continue: « L’ASN constate une dégradation des équipements sous pression et une application insuffisante de la législation, devons-nous nous sentir rassurés? Pire, les sites de Chinon et Saint-Alban sont pointés du doigt en matière de sûreté nucléaire sans qu’aucune mesure adéquate n’ait été prise à l’encontre d’EDF par l’ASN. Pourtant, les Français sont en droit d’attendre des mesures fortes et rapides pour leur sécurité. »

« Alors que l’on nous vante l’excellence française en matière de sûreté nucléaire, la situation du parc en 2011 est jugée ‘assez satisfaisante’… des termes diplomatiques et mesurés employés pour ne pas reconnaître que la situation est loin d’être bonne. Par ailleurs, la sûreté ne s’améliore pas avec le vieillissement de notre parc. Les annonces d’EDF visant à rallonger la durée de vie des centrales – de 10, 20 voire 30 ans – ne peuvent qu’impliquer une augmentation des risques d’accident. »

« Evidemment il faut sécuriser notre parc, c’est indispensable, mais je crains que l’on ne gaspille beaucoup d’argent à mauvais escient. Il faut avant tout faire un choix sur les centrales qui fonctionneront encore pendant la phase de transition énergétique annoncée par François Hollande. Pourquoi ne pas fermer les centrales les plus à risque de manière définitive pour permettre un redéploiement des investissements de sûreté vers le financement des énergies renouvelables et des économies d’énergie? »

Pour Yannick Jadot, député européen spécialiste des questions énergétiques: « Cet exercice n’est qu’un exercice de communication. Le caractère incomplet des stress tests ne permet pas la réduction effective du risque. Exit les risques d’incendies, d’explosion, d’actes-malveillants, les chutes d’avion ou encore les erreurs humaines! Les autorités nucléaires se sont contentées d’évaluer le risque de voir se produire en France un accident du type de Fukushima (séisme et inondation) alors que nous demandions une analyse exhaustive et approfondie des risques. »

Et Yannick Jadot de conclure: « Cette question devra faire partie du grand débat sur l’énergie promis par le Président de la République. C’est un enjeu de transparence et de démocratie: le risque ne doit plus être imposé, il doit être choisi. »

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