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Etude de l’Iddri sur les gaz de schiste: un hold-up sur l’avenir énergétique, une arnaque économique démontrée

13 Fév 2014

Communiqués, Medias

L’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) vient de publier une étude qui contredit nombre de chiffres avancés par les industriels de l’énergie et autres zélotes de la prétendue révolution américaine des gaz de schiste. Présentée aujourd’hui au Parlement européen, à l’invitation de l’eurodéputée socialiste Catherine Trautmann, elle ne peut que satisfaire les opposants à cette énergie fossile que certains dirigeants en mal d’idées innovantes souhaitent nous imposer.

Michèle RIVASI et José BOVE, eurodéputés EELV, réagissent à la publication de cette étude et la commentent:

« Cette étude qui ne s’intéresse qu’aux retombées économiques des gaz de schiste devrait servir de livre de chevet à Arnaud Montebourg. Les productions de gaz et de pétrole de schiste ont certes bouleversé la géopolitique de l’énergie, mais les retombées pour les consommateurs et l’économie américaine sont bien maigres. À partir des projections de production de l’agence américaine de l’énergie, l’Iddri a calculé l’impact global de ces énergies non-conventionnelles sur le PIB. Accrochez-vous, les chiffres donnent le tournis: 0.04% de croissance supplémentaire par an, sur 23 ans…pour 500 000 puits forés ces dernières années. Par ailleurs, la baisse des prix du gaz ne bénéficie pas aux consommateurs mais seulement aux industries intensives en énergie. En Europe, le développement des gaz de schiste n’aura pas d’impact sur les prix de l’énergie, qui dépendent des marchés internationaux, tirés à la hausse par la consommation accrue des pays émergents. Et on voudrait répliquer un tel modèle dans une Europe dépourvue de grands espaces inhabités? Soyons sérieux et focalisons notre attention sur d’autres moyens de développer notre indépendance énergétique: les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les économies d’énergie, qui sont pourvoyeuses d’un nombre d’emplois bien plus nombreux ».

« Par ailleurs cette étude démontre que les pétroles et gaz de schiste ne permettent ni une réduction des émissions de gaz à effet de serre, alors que le charbon regagne des parts de marché dans le mix énergétique américain, ni une indépendance énergétique accrue. L’auteur de l’étude l’a affirmé dans sa présentation: seule une politique climatique ambitieuse permettrait aux États-Unis d’accroître leur indépendance énergétique tout en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre« .

Et les deux eurodéputés EELV de conclure: « Cette étude démontre une fois de plus que les études commandées par l’industrie (et réalisées par des cabinets de conseils privés) sur ce sujet participent à la désinformation des décideurs comme des citoyens, d’autant plus qu’elles sont largement reprises par de nombreux journaux réputés. Les gaz de schiste sont une arnaque énergétique et économique, concentrons nos efforts et nos débats pour une transition énergétique digne des espoirs des citoyens du XXIème siècle ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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