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Entretien dans La Provence: « La déconfiture d’Areva cache un vrai scandale »

03 Mar 2015

Medias, Revue de presse

Avec 5 milliards d’euros de perte en 2014, Areva mérite-t-il encore le titre de champion français du nucléaire ?

C’est le résultat d’une accumulation d’erreurs de la part d’Anne Lauvergeon, l’ancienne patronne du groupe, dont la plus lourde, Uramin, a coûté plus de 1,8 milliard d’euros. Sous son impulsion, Areva a acheté des mines d’uranium au Niger et en République centrafricaine qui s’avèrent inexploitables. Cette affaire est un vrai scandale qui démontre, entre autres, l’inefficacité des conseils d’administration des entreprises publiques, qui n’ont jamais osé remettre en question les choix d’Anne Lauvergeon. Y compris sur l’EPR, un échec retentissant dont le coût a triplé depuis son lancement.

N’est-ce pas aussi la conséquence de Fukushima ?

C’est sûr que ça a joué. Avant l’accident, tout le monde voulait du nucléaire. Depuis, la demande mondiale s’est effondrée et avec elle les prévisions de chiffre d’affaires d’Areva, dont les usines tournent au ralenti, comme Georges-Besse II, à Tricastin.

L’incident qui a entraîné la fermeture d’un réacteur à Fessenheim devrait-il précipiter la fermeture de cette centrale ?

C’était un engagement de François Hollande qu’il vient à peine de confirmer. Mais c’est effectivement ce qui devrait être fait, dans la mesure où Fessenheim est une vieille centrale dont la maintenance va coûter de plus en plus cher. C’est d’ailleurs là une autre explication aux déboires d’Areva : maintenant que l’on sait le vrai prix du nucléaire, on s’aperçoit qu’il n’est plus compétitif. Non seulement vis-à-vis des énergies fossiles, mais aussi vis-à-vis des renouvelables comme l’éolien.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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