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Dissuasion nucléaire : la France ne sera grande qu’en devenant un acteur clef du désarmement mondial

23 Fév 2015

Communiqués, Medias

Le Président François Hollande s’est livré jeudi dernier à un exercice aussi décalé que décevant : la défense de la dissuasion nucléaire. Un sujet sensible qui sera débattu au Parlement européen le lundi 2 mars 2015 avec des eurodéputés membres du réseau des Parlementaires pour la Non-prolifération Nucléaire et le Désarmement (PNND).

Réaction de Michèle RIVASI, députée européenne écologiste : « L’arme nucléaire est mortifère, personne ne pourra le contester : elle fait peser une menace constante sur le monde entier, comme l’a encore rappelé récemment le très sérieux ‘Bulletin des scientifiques atomiques’ et son ‘horloge de l’apocalypse’. Son existence, comme son maintien au nom de la dissuasion nucléaire, n’est pourtant pas une fatalité : c’est un choix politique qui se justifie de moins en moins. En effet, la confrontation des grandes puissances pendant la Guerre froide n’a rien à voir avec les risques actuels qui menacent la France. Si notre principal ennemi c’est le terrorisme, force est de constater que l’arsenal nucléaire ne peut rien pour l’éradiquer : en plus d’être financièrement ruineux, il est stratégiquement dépassé. Il est impossible de le nier, la véritable guerre se fait aujourd’hui sur le terrain du renseignement, c’est là que doivent être nos priorités».

« En 2015, la dissuasion nucléaire coûtera à l’état 3,6 milliards d’euros, soit 0, 2% du PIB français, 11% du budget de défense et 21% des crédits d’équipement des armées. Alors que la communauté internationale doit tendre vers un désarmement progressif, de nombreuses voix – du Général Bernard Norlain à l’ancien ministre de la Défense Paul Quilès – assurent que l’on pourrait économiser près d’un milliard par an en réduisant simplement un arsenal démesuré. Et bien non, et François Hollande va même à l’opposé des discours tenus par l’ensemble des Présidents français depuis la fin de la Guerre Froide : il est le premier à ne pas annoncer de réduction de l’armement nucléaire français. Si Hollande veut jouer un rôle important dans le nucléaire militaire, il ferait mieux de s’engager pour un désarmement mondial, en montrant l’exemple comme avait pu le faire Mitterrand en son temps avec l’arrêt des essais nucléaires ».

« Dans deux mois aura lieu la révision du Traité de non-prolifération nucléaire, un enjeu majeur pour sortir collectivement d’un système aussi coûteux qu’inefficace en matière de sécurité. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’organise une conférence au Parlement européen le 2 mars prochain : pour que notre institution se saisisse de cette question et fasse entendre sa voix. La question de la défense européenne est trop importante pour la laisser entre les seules mains des États membres détenteurs de l’armement nucléaire ».

(1) Plus d’informations sur la conférence du 2 mars 2015 :
http://www.michele-rivasi.eu/au-parlement/conference-sur-le-desarmement-nucleaire-le-2-mars-2015-au-parlement-europeen/

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