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Des « stress tests » peu stressants pour l’industrie nucléaire

25 Mai 2011

Communiqués, Medias

La Commission européenne a annoncé ce matin avoir trouvé un accord sur les tests de résistance (« stress tests ») sur les centrales nucléaires en Europe. Mais les autorités de sûreté nucléaire européennes ont refusé de prendre en compte les risques liés aux attaques terroristes, les chutes d’avions, ou les cyber attaques. Selon les députés du Groupe Verts /ALE du Parlement européen, ces tests sont loin d’avoir la rigueur nécessaire pour évaluer correctement la sûreté de nos réacteurs et réduire au maximum le risque d’accident.

Yannick JADOT, député européen Europe Ecologie – Les Verts a déclaré :

« De toute évidence, le Commissaire européen à l’énergie, Günther Oettinger a perdu la lutte face aux autorités britanniques et françaises, et n’a pas réussi à imposer des « stress tests » totalement transparents et indépendants, qui prennent en compte tous les critères nécessaires. Le Commissaire avait longtemps campé sur ses positions et affirmé qu’il prendrait en compte les attentats terroristes dans le cahier des charges mais il a finalement du céder face à la pression des autorités françaises et britanniques. Il tente de sauver la face en renvoyant cette question de sécurité et de terrorisme à des futurs groupes de travail nationaux, mais c’est finalement le moins-disant sécuritaire qui remporte la mise. Ces tests se transforment, comme prévu, en simple exercice de communication, orchestré par les autorités nationales, tandis que pendant ce temps, les citoyens européens s’interrogent légitimement sur le risque qu’on leur impose. C’est l’arrogance nucléaire française qui se poursuit, illustrée d’ailleurs par les mensonges du PDG d’EDF Henri Proglio, qui déclarait hier dans le journal Le Monde que la catastrophe de Fukushima n’était lié qu’à un tsunami, contrairement à tous les éléments dont on dispose aujourd’hui. »

Michèle RIVASI, députée européenne Europe Ecologie – Les Verts ajoute:

« Cette conférence de presse me laisse un goût amer, tant pour la sécurité des citoyens que pour le combat qu’a su mener le Commissaire Oettinger face au lobby nucléaire ces dernières semaines. Que penser de la déclaration de l’ENSREG disant que les régulateurs ‘savaient très bien ce qu’il fallait faire pour améliorer la situation’ dans les centrales ? Cela veut-il dire que les conditions optimales de sécurité n’étaient pas jusque là réunies? Inquiétant! Par ailleurs je m’interroge sur les contraintes qui seront imposées aux régulateurs en matière de tests puisque ceux-ci seront faits sur une base volontaire … Alors que ces tests devraient mener à la fermeture des centrales les plus à risque, nous avons pu entendre que le but de ces tests n’était pas d’aboutir à la fermeture de centrales. Quelle sera donc la finalité de ces tests de résistance si ce n’est d’aboutir à de dangereuses améliorations à la marge, aussi inutiles que coûteuses pour le contribuable européen? « 

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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