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Dépêche AFP – Sous le même toit, industriels du médicament et détracteurs plaident leur cause

03 juil 2015

Medias, Revue de presse

Agence France Presse ECOFI, Juliette MICHEL, 2 Juillet 2015 18:10

Les Entreprises du médicament (Leem) et certains détracteurs se sont retrouvés sous le même toit mais chacun de leur côté à Paris jeudi, les premiers plaidant pour une « réinvention » du système de soins face aux innovations, les seconds dénonçant la « démission du politique face au lobby pharmaceutique ».

Le Leem organisait au « Carreau du Temple » ses premières universités d’été, baptisées PharmaCité. Devant plusieurs centaines de personnes, son président Patrick Errard y a plaidé pour une « réinvention » du système de soins, bouleversé par l’irruption de nouvelles pratiques, des biotechnologies, des start-ups, du numérique.

« L’accélération des connaissances, les progrès technologiques majeurs, et le décloisonnement de notre industrie, qui s’ouvre à d’autres domaines que la médecine, appellent aujourd’hui à un véritable choc de conscience », a-t-il affirmé.

Toute l’organisation du système de soins doit être, selon lui, repensée pour mieux prendre en compte l’évolution même de l’exercice de la médecine, entre recours croissant à l’ambulatoire ou développement de l’automédication, les nouveaux moyens technologiques et les thérapeutiques permises par « les progrès de l’immunothérapie, des biomarqueurs, des nanotechologies ».

Parallèlement, face à la multiplication de protocoles de soins « individualisés, multiples, combinatoires, interagissant avec l’informatisation, l’automatisation et la prévention », l’évaluation des médicaments doit être « plus pragmatique », a-t-il défendu.

Pour éviter la « logique absurde de +tout baisse des prix+ », M. Errard a par ailleurs plaidé pour « un juste équilibre entre l’efficience » des solutions thérapeutiques mises sur le marché par les industriels, « la régulation des dépenses et le financement » du système de soins.

- ‘Racket des labos’ -

Dans les mêmes locaux, mais dans une salle à part, une dizaine de représentants d’associations emmenés par l’eurodéputée EELV Michèle Rivasi ont profité des ces rencontres pour dénoncer le « racket des laboratoires pharmaceutiques ».

Depuis les années 1990, leur priorité « n’est plus de faire des médicaments innovants mais aussi de rétribuer leurs actionnaires », a déploré Mme Rivasi en appelant à une « reprise du politique sur les laboratoires pharmaceutiques »: « On n’est pas contre l’industrie, mais cette industrie là a pris un pouvoir démentiel ».

Les conflits d’intérêt dans les organismes chargés d’évaluer l’intérêt des médicaments et d’en négocier les prix sont « énormes ». Résultat: les dépenses en médicaments de la Sécurité sociale « culminent à 34 milliards d’euros en France contre 18 milliards d’euros en Italie », a-t-elle assuré.

Avec l’arrivée de nouveaux médicaments, très coûteux, comme le Solvadi contre l’hépatite C, « on découvre que des problématiques du Sud sont devenues des problématiques du Nord, avec des barrières financières et un triage des patients » pouvant recevoir le traitement, a relevé de son côté Olivier Maguet, de Médecins du Monde.

Les nouvelles technologies vantées par les industriels ne sont pas forcément la panacée, a par ailleurs avancé Philippe De Chazournes, président de l’association Med’Ocean et généraliste à La Réunion.

Ainsi le programme « Territoire de soins numérique » qui vise à expérimenter les technologies innovantes en matière d’e-santé, va surtout bénéficier selon lui aux sociétés de conseil informatique chargés de sa mise en place et aux fabriquant d’objets connectés. Surtout, « on devient tous des malades potentiels, on va vers une surmédicalisation », a-t-il déploré.

Les promesses enivrantes des nouvelles technologies dans la santé, les espoirs placés dans l’intelligence artificielle de Google ou le séquençage de l’ADN, sont toutefois, pour la plupart, loin d’aboutir, a avancé Paul Seabright, un économiste de la Toulouse School of Economics qui intervenait aux rencontres du Leem.

« L’utilisation des technologies dans le secteur médical progresse finalement très très lentement », a-t-il remarqué. Ainsi le recours aux biomarqueurs pour mieux dépister les cancers du sein ou des ovaires est possible depuis 10 ans mais reste marginal.

Pour l’industrie pharmaceutique, savoir mieux cibler les pathologies des patients signifie aussi « réduire la taille de marché de chaque traitement », a relevé M. Seabright. Quant au système actuel des brevets, il favorise largement le développement de traitements curatifs dont « l’efficacité va pouvoir être montré en 2 ou 3 ans en essais clinique » contre « 12 à 15 ans pour un traitement préventif ».

Pour se développer « chaque technologie a besoin d’un champion », a conclu le spécialiste. Mais face au manque d’incitations, « il n’existe pas toujours ».

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