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Démantèlement nucléaire : encore une fois, les écologistes ont eu raison « trop tôt »

02 Fév 2017

Communiqués, Medias

Un rapport parlementaire publié hier confirme que les coûts de démantèlement du parc nucléaire français sont vraisemblablement sous-estimés. Une situation qui n’a rien d’une surprise pour les écologistes qui n’ont eu de cesse d’alerter à ce sujet.

Réaction de l’eurodéputée Michèle RIVASI : « Après avoir sous-estimé constamment les coûts et protégé l’industrie à tout prix, l’équilibre budgétaire de la filière est rompu à cause d’une complaisance devenue injustifiable. Alors que le rapport parlementaire est à charge contre EDF, le président de cette mission parlementaire Julien Aubert prend des précautions de langage démontrant que la filière nucléaire n’est pas assujettie aux mêmes droits et exigences que les autres entreprises. Pour lui, ce rapport ‘ne doit pas laisser à penser que les comptes d’EDF sont insincères’. Mais de qui se moque-t-on ? Aujourd’hui, il n’est plus possible de minimiser les dégâts économiques d’une filière exsangue et caractérisée par une singularité qui devrait être le pire cauchemar des experts de Bercy. L’industrie nucléaire doit rendre des comptes, au lieu de continuer à bénéficier d’un statut hors norme dont la seule victime est le contribuable. »

« C’est prouvé par les chiffres : le nucléaire est la seule technologie énergétique dont les coûts augmentent dans le temps. À tel point que les antinucléaires ont pu réviser la fameuse « règle de trois » en l’adaptant au nucléaire : pour connaître l’investissement final, il suffit de multiplier par trois l’estimation initiale. Le coût de l’EPR est passé de 3 à 9 milliards, le projet Cigéo de 14 à 36 milliards. Quant au coût du démantèlement il n’est pas épargné, comme la Cour Des comptes le rappelait déjà en 2012 : une comparaison avec les provisions d’autres pays a démontré que la France sous-évaluait le démantèlement d’un facteur 1,4 à 3,4. Il n’y a donc aucune surprise dans les résultats de cette enquête : l’Etat doit reprendre la main pour cesser de se faire imposer un calendrier par de mauvais gestionnaires qui cherchent à nous imposer un allongement de la durée d’activité du parc nucléaire pour compenser leurs erreurs. À force de tirer sur la corde, on va finir par la casser et les conséquences pourraient être dramatiques. »

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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