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Dans la famille des renoncements gouvernementaux, je demande l’abandon de la réduction de la part du nucléaire

13 Avr 2016

Communiqués, Medias

La loi de transition énergétique pour la croissance verte, promulguée en août 2015, dispose dans son article 1er l’objectif de « réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025 ». Il faut rappeler que cette part s’élevait à 77% en 2014. Un engagement solennel pris par François Hollande avec EELV et auquel il renonce aujourd’hui après déjà tant de renoncements au niveau de la mutation écologique.

La loi sur la transition votée fin 2014, prévoit quatre fois moins d’émissions de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 1990, deux fois moins d’énergie consommée au milieu du siècle, moins 30 % de fossiles en 2030 et 32 % de renouvelables à la même date. Engagements prospectifs auxquels il faut ajouter la réduction d’un tiers du poids du nucléaire, à horizon 2025, dans le paquet électrique. Toutefois pour être effectifs et ne pas être que des vœux pieux, ces objectifs doivent être traduits par une programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Or, cette PPE attendue fin 2015 a été maintes fois reportée. La Ministre Ségolène Royal a choisi de présenter au Conseil supérieur de l’énergie un arrêté sur la programmation des capacités de production d’énergie renouvelables faisant l’impasse sur le nucléaire.

Pourtant les filières renouvelables ne peuvent se développer sans réduction de la part du nucléaire. Nous sommes donc dans un jeu de dupes patent. La transition énergétique en actes réside dans la PPE. Tout le reste, n’est qu’incantation et beaux discours.

Sur le volet nucléaire, et sans tomber dans l’esquive gouvernementale, la PPE, pour respecter les engagements formels de la loi de transition énergétique, doit proposer la fermeture de 5 à 8 réacteurs d’ici 2018 et de 19 à 24 fermetures supplémentaires d’ici 2023 selon Greenpeace et le Réseau Action Climat France.

Encore une fois, après le bel accord diplomatique obtenu à Paris lors de la conférence climatique, la France continue de trahir ses belles promesses.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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