A A

Cour des Comptes : le nucléaire coûte cher, encore plus cher, toujours plus cher et empêche l’avènement de la transition énergétique

10 Fév 2016

Communiqués, Medias

Dans son rapport annuel, rendu public mercredi 10 février, la Cour des comptes tente de comprendre quel va être le coût de la maintenance du parc nucléaire français d’ici à 2030. Cette facture dépendant encore (et toujours) de facteurs inconnus, les coûts et investissements restent difficiles à évaluer.

Réaction de Michèle RIVASI, eurodéputée écologiste :

« La Cour des Comptes estime que le maintien du parc actuel coûtera 100 milliards d’euros en maintenance d’ici à 2030. Très bien, mais la politique énergétique française continuera de naviguer à vue tant que deux des dispositions de la loi sur la transition énergétique n’auront pas été précisées. En effet, le plafonnement de la capacité de production nucléaire à son niveau actuel (63,2 GW) et la réduction d’ici à 2025 de la part du nucléaire à 50% de la production d’électricité conditionnent les investissements à réaliser. La Programmation pluriannuelle de l’énergie doit impérativement transcrire ces deux dispositions en actes, tout en intégrant la nécessaire réduction de la consommation énergétique, telle que voulue par la loi.

Concernant le plafonnement, il s’agit dorénavant de savoir quelle centrale nucléaire devra fermer…si jamais l’EPR de Flamanville fonctionne un jour. Les promesses de Hollande sur Fessenheim n’ayant pas été tenues, il va bien falloir trancher un jour. Quant à la réduction de la part du nucléaire à 50% dans le mix électrique, cela suppose la fermeture de 17 à 20 réacteurs, et là encore il va falloir décider quelles centrales devront fermer en priorité. À l’évidence, les plus vétustes et les plus vieilles devraient être ciblées, mais rien n’est moins sûr.

Il ne faut surtout pas que la situation actuelle mène à un chantage de l’industrie nucléaire, qui risque de nous imposer ses choix une fois que nous serons au pied du mur: allonger la durée d’exploitation des centrales au détriment de la sûreté. Une décision qui revient à l’Autorité de sûreté nucléaire, qui reste très critique à ce sujet ».

Et Michèle RIVASI de conclure : « L’État doit sortir du flou car il faut prévoir les investissements pour tenir nos engagements européens, et notamment l’objectif de 23 % d’énergies renouvelables (dans la consommation finale d’énergie). Aujourd’hui nous n’en sommes qu’à 14 %, nous plaçant seizième sur vingt-huit, bien loin de l’excellence environnementale voulue par le Président Hollande. Et si ce dernier souhaite encore honorer ses promesses électorales et l’accord signé entre EELV et le PS, c’est maintenant qu’il doit annoncer la fermeture d’une centrale. Pour y parvenir avant la fin du mandat, il lui faudra un ou une Ministre de l’Écologie et de l’Énergie qui osera s’imposer. Il ou elle pourra compter sur le soutien des écologistes pour y parvenir, de même que pour développer les énergies renouvelables ».

Articles similaires :

Tags: , ,

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives