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Contrats EPR en Grande-Bretagne: la sortie du nucléaire devient un impératif économique

18 Oct 2013

Communiqués, Medias

EDF et le gouvernement britannique sont enfin parvenus à un accord final pour la construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR en Angleterre, après de longs mois de négociation concernant le tarif de rachat de l’électricité produite.

Réaction de Michèle RIVASI député européenne vice-Présidente du groupe des Verts-ALE au Parlement européen, et Denis Baupin député EELV vice-Président de l’Assemblée nationale.

Pour Michèle RIVASI : « Après de longues négociations, EDF et le gouvernement britannique se sont finalement accordées sur un prix de 92,5 livres par mégawattheure (109 euros du mégawattheure). Un prix presque deux fois plus élevé que le prix de gros sur le marché de l’électricité au Royaume-Uni: le nucléaire ne survit donc que sous perfusion. Et cette perfusion pourrait d’ailleurs être rejetée par la Commission européenne si celle-ci considère que le modèle du prix garanti obtenu par EDF correspond à une aide d’État contraire au droit communautaire ».

« La compétitivité supposée du prix de l’électricité d’origine nucléaire était dénoncée par les écologistes depuis longtemps, elle est désormais plus qu’avérée. Quand on sait que le tarif de rachat de l’électricité d’origine éolienne est de 86 euros du mégawattheure, on se demande pourquoi la France continue à privilégier le nucléaire au détriment des renouvelables, qui créent par ailleurs bien plus d’emplois par mégawattheure produit. Le nucléaire est bien la seule technologie que je connaisse dont le coût augmente dans le temps. Normalement, les progrès technologiques et la production en série devraient tendre vers une diminution des coûts comme c’est le cas dans les énergies renouvelables ».

Pour Denis BAUPIN : « Vous avez aimé la dérive des coûts et des délais de l’EPR à Flamanville comme à Olkiluoto en Finlande ? Vous adorerez les conditions exigées par EDF en Grande Bretagne qui confirment que l’EPR ne peut exister sans intervention des pouvoirs publics, et sans engagements de ceux-ci sur le très long terme : 40 ans de garantie d’achat en Angleterre, à des tarifs d’achat dépassant déjà l’éolien existant. Nous aurons l’occasion d’examiner ces coûts extravagants, supérieurs aux énergies renouvelables matures, lors de la Commission d’enquête que le groupe écologiste proposera sous peu à l’Assemblée Nationale ».

« Ces coûts viennent en effet s’ajouter aux investissements massifs exigés dès aujourd’hui pour le parc nucléaire vieillissant (et plus massifs encore s’il devait être prolongés, au vu des conditions déjà évoquées par l’Autorité de Sûreté pour ces hypothétiques prolongations). Clairement, il apparait de plus en plus flagrant pour tous – ou presque – que le nucléaire, au-delà de l’impasse environnementale, est une impasse financière. Seul le député Mariton tente pathétiquement ce jour – en intitulant « rapport sur la transition énergétique » une compilation d’idées reçues – de masquer le déclin de l’exception nucléaire française, et le boulet qu’elle représente pour notre économie ».

« La commission d’enquête sera l’occasion, avant la discussion de la loi sur la Transition Énergétique, d’analyser cette croissance exponentielle des coûts d’une technologie que certains disent mature ou prétendent amortie, mais qui ne survit que sous perfusion, et dont la dernière génération est déjà largement dépassée avant même d’être mise en service ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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