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Contamination radioactive des aliments : L’Europe va-t-elle tirer des leçons du Japon ?

29 Mar 2011

Communiqués, Medias

L’accident nucléaire de Fukushima entraîne depuis le 12 mars 2011 une importante contamination radioactive des aliments au Japon. Les autorités japonaises ont interdit la semaine passée la vente de plus d’une dizaine de légumes et de lait crus en provenance des zones les plus proches de Fukushima. Des niveaux de radioactivité importants ont aussi été détectés en mer.

Les mesures annoncées par la Commission européenne sur l’importation de produits frais japonais sont insuffisantes estime l’eurodéputée du Groupe des Verts/ALE et fondatrice de la Criirad, un laboratoire français de mesure radioactive créé au moment de la catastrophe de Tchernoby, Michèle Rivasi.

Les premières analyses de produits alimentaires révèlent des niveaux de radioactivité très élevée, de l’ordre par exemple de 54.000 bq/kg en Iode 131 (27 fois les niveaux autorisés), et de 1900 bq/kg pour le Césium dans des épinards prélevés à 100 km au sud de Fukushima.

« Ces niveaux de radioactivité sont suffisamment élevés pour que la prise de très peu d’aliments contaminés conduise au dépassement de la limite de dose maximum admissible pour la population » explique Michèle Rivasi, « Il suffit qu’un enfant de 2 ans ingère 370 g d’épinards à 15 000 Bq/kg, ou un enfant de 10 ans un peu plus de un kilo, pour atteindre la limite annuelle, sans compter la contribution des autres aliments et des autres radionucléides présents ! »

Suite à ces valeurs alarmantes, la Commission européenne a annoncé des mesures de contrôle renforcées sur l’importation de l’ensemble des aliments provenant du Japon, fruits de mer et poissons inclus. Ces mesures prévoient notamment des analyses de 10 % ou 20 % des lots reçus. « Les mesures prévues sont insuffisantes. Les valeurs autorisées en Europe sont beaucoup plus élevées que celles autorisées aujourd’hui au Japon et que celles recommandées par l’OMS, ce qui est inacceptable. »

En Février 2011, lors de son vote la révision d’une directive Euratom portant sur la contamination radioactive des aliments en cas d’accident nucléaire[1], le Parlement Européen a demandé une révision des valeurs maximales autorisées en Europe en cas d’accident. « Cette réévaluation des valeurs doit être faite de toute urgence et par des experts libres de conflits d’intérêts avec la filière nucléaire », poursuit la députée européenne.

Lors du vote en février 2011, la Commission européenne a d’emblée rejeté toutes les propositions du Parlement. Le dossier est aujourd’hui sur la table du Conseil et suite aux événements de Fukushima, il est impératif que les recommandations du Parlement Européen soient entendues.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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