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Congrès EELV : déclaration commune de Karima Delli, Michèle Rivasi et Sergio Coronado

31 Mai 2016

Communiqués

Bonjour à tous,

Les résultats des AG décentralisées ont montré la volonté des militants écologistes de clarifier notre ligne politique et d’assainir nos pratiques après les déboires que nous avons connus ces dernières années.

Après le massacre de la Commune de Paris par les Versaillais, les porteurs de ses idéaux affirmaient que si le cadavre était à terre, l’idée était debout. Cette idée d’égalité et d’émancipation des peuples dans le cadre d’une République sociale universelle a porté tous les rêves révolutionnaires du 20eme même si certains ont viré au cauchemar.

Aujourd’hui, notre mouvement et l’écologie politique en France est en miettes après la parenthèse enchantée de 2009 / 2011. Pourtant, l’effervescence écolo-citoyenne est bien là. Partout, germent des petites graines de réappropriation citoyenne de la chose publique et des Biens Communs, une soif de démocratie réelle face à l’asphyxie de nos institutions en proie aux lobbys et aux dérives oligarchiques. Ces lueurs d’espoirs, ces constructions de chemin de transition ici et maintenant, montrent que l’écologie est bien debout même si la défiance à notre égard est considérable.

L’élection présidentielle en Autriche nous oblige également à faire preuve d’un sens de la responsabilité essentiel. Le candidat écologiste a été le dernier rempart républicain et humaniste face à la fièvre nationale-populiste qui secoue l’Europe de Budapest à Paris. Les partis traditionnels ont été balayés.

L’enjeu de ce Congrès pour nous est de savoir si dans ce monde en plein chaos et en pleine mutation, rempli de bruit et de fureur, nous voulons être définitivement assimilé à un parti classique du Vieux monde et du 20eme siècle ou devenir le mouvement des Communs, de la transformation écologique et sociale et de l’écologie en mouvement.

Pour cela, il est capital d’envoyer un signal à tous les acteurs du foisonnement démocratique actuel. L’unité de façade en mettant le couvercle sur les raisons qui nous ont amené là serait une erreur fondamentale.

Etre conscients de la situation, ce n’est pas de proposer une commission de la rénovation comme si la refondation de l’écologie politique allait tourner autour de nous mais bien d’en appeler au dépassement de notre mouvement dans un ensemble plus large, plus horizontal et en phase avec l’esprit de la coopérative porté un temps en notre sein.

Ce n’est pas non plus de reformuler une vieille stratégie d’alliance partidaire en théorisant l’autonomie contractuelle quand nos partenaires de la vieille gauche sont dans un état encore plus pitoyable que nous et que le PS a tellement trahi le piteux accord de législature passé en 2011 et les promesses du Bourget que toute alliance semble pour lors inenvisageable.

Il convient donc de bousculer le jeu des écuries en construisant avec ceux qui le veulent bien une majorité alternative pour en finir avec des pratiques claniques et la dérive oligarchique de notre mouvement. Il faut inscrire des campagnes d’actions déclinées à chaque échelon territorial et le droit à l’expérimentation de nouveaux espaces politiques collaboratifs au cœur de notre action ces prochaines années.

Un pôle à vocation majoritaire peut se constituer autour d’Ecologie en commun, de l’Imprévu et de Tic-Tac sur une motion de projets planifiés à laquelle pourrait se greffer une partie d’Horizon (les anciens lovers notamment) et d’Europa (certains anciens de Construire).

Le changement dans la continuité n’a jamais fait ses preuves et se résume souvent à la stratégie du Guépard « Tout changer pour que rien ne change ».

Nous invitons donc les délégués qui vont participer au Congrès à Pantin à être conscients de la situation, à se mettre à la hauteur des enjeux et à penser à l’image que nous allons renvoyer vers le peuple de l’écologie, s’il nous regarde encore.

Nous sommes certains qu’un nouveau printemps de l’écologie est possible et que nous ne devons pas sacrifier le mouvement que nous avons construit et qui comporte tant d’énergie, de compétences, d’expertise.

Puisse ce Congrès être utile pour accélérer l’émergence d’une nouvelle force servant de débouché à tous ceux qui se lèvent aujourd’hui pour répondre à la polycrise sociale, environnementale et démocratique.

Nous ferons notre part, comme le Colibri en ayant conscience que c’est bien l’incendie qu’il nous faut éteindre ensemble, au delà même de notre mouvement.

Amitiés.

Sergio Coronado, Karima Delli et Michèle Rivasi

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One Response to “Congrès EELV : déclaration commune de Karima Delli, Michèle Rivasi et Sergio Coronado”

  1. Françoise DUTHU dit :

    J’espère vivement que vous serez entendus!

    Merci pour cet appel!

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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